Commenter les images, confirmer le terrorisme


Commenter les images

Regarder un événement par le biais de sa représentation, c’est ausculter sa valeur symbolique. Et c’est ainsi que le piège se referme sur le malheureux spécialiste, convié à prouver la valeur de son expertise, non en rejetant l’objet qu’on lui soumet, mais en contribuant à sa valorisation. Qu’importe alors le jugement prononcé – il suffit de participer au jeu de l’amplification.


Spécialiste de culture visuelle, je fais partie des experts périodiquement sollicités lorsque l’actualité s’emballe. Malgré la formule rituelle d’une « société des images », dans l’espace médiatique, cette interrogation reste rare. Les images de tous les jours n’intéressent pas les rédactions. Charlie, Aylan, 13 novembre ou 14 juillet: voici les sujets sur lesquels on me demande mon avis. Comme la peinture d’histoire, autrefois mobilisée pour immortaliser les hauts faits de guerre ou les événements mythologiques, questionner l’image ne se justifie qu’à partir du niveau « breaking news ».

Dans le cas de l’attentat de Nice, plusieurs comptes rendus ont condamné la circulation sur Twitter de vidéos du camion fou ou des corps des victimes éparpillés sur la promenade, mais aussi l’interview par France 2 d’un homme interrogé à côté du cadavre de son épouse.

La suite ici : Commenter les images, confirmer le terrorisme – L’image sociale

22.07.16

Ana

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