La chronique du blédard: Macron élu mais la lepénisation s’étend



En France, le combat contre le racisme a deux adversaires. L’extrême-droite, bien sûr. Et tous ceux et toutes celles qui lui empruntent certaines de ses idées tout en se défendant de le faire. Cela fait des années que les digues sautent les unes après les autres.


Au demain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de sa république, la France ressemble à un étudiant très mal préparé à un examen à qui on vient d’annoncer à la fois le report de l’épreuve – ce qui, on s’en doute, le soulage – et son durcissement, ce qui, en théorie, devrait le pousser à mettre les bouchées doubles pour être prêt. Autrement dit, le quinquennat qui démarre dimanche 15 mai n’est, pour le moment, qu’un simple sursis et rien d’autre en attendant des jours plus difficiles. Certains, ils ne sont guère nombreux, sont persuadés que Macron et sa volonté de « corporate banker- start-uper and winner » feront des miracles. Le présent chroniqueur en doute mais n’insultons pas l’avenir et ne désespérons pas la jeunesse républicaine en marche.

On peut tirer de nombreuses conclusions de cette élection mais examinons la plus inquiétante de toutes. Le Front national, et sa candidate Marine Le Pen, ne l’ont pas emporté et c’est tant mieux. Mais, tout de même… Ce parti d’extrême-droite, raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite – on ne le répétera jamais assez – totalise 10,6 millions de voix ! Un record absolu pour sa famille politique. On dira que ce n’est que la moitié de ce qu’a obtenu Macron mais cela ne devrait rassurer personne. En 1995, lors de la victoire de Jacques Chirac face à Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen obtenait 4,75 millions de voix. Il faut relire les éditoriaux et analyses de l’époque. Le choc fut rude et tous les discours convergeaient vers la nécessité de limiter d’urgence l’influence du Front national dans la vie politique française. « Réduire la fracture sociale », le fameux slogan de la campagne chiraquienne était alors brandi pour signifier cette urgence.
La suite ici : Lignes quotidiennes, par Akram Belkaïd: La chronique du blédard : Macron élu mais la lepénisation s’étend

17.05.17

Ana

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