2020 : Une année américaine




Sur le plan international, l’événement le plus important de l’année 2020 – à moins de développements inattendus et spectaculaires dans le domaine stratégique ou climatique – devrait avoir lieu le mardi 3 novembre. C’est en ce jour en effet que les Américains choisiront leur Président. Leur décision aura des conséquences géopolitiques, politiques, économiques, climatiques et plus encore peut-être, éthiques pour l’ensemble du monde. Un peuple divisé, aux instincts contradictoires a une influence excessive sur le cours de l’Histoire.


De fait, le monde est peut-être redevenu bipolaire (un G2 avec la Chine) ou multipolaire, mais l’équilibre mondial, sinon la cause de la démocratie ou même la survie à moyen terme de la planète peuvent-ils se permettre quatre années supplémentaires de Donald Trump ? Sur le plan international, le repli chaotique et contradictoire de l’Amérique sur elle-même n’a pas commencé avec Trump et risque donc de se poursuivre après lui, s’il était défait en 2020. Les États-Unis traversent un « moment Jacksonien » de leur histoire, une expression qui fait référence au septième président américain, Andrew Jackson, et qui décrit ce mélange de tendances nationalistes et isolationnistes sans lesquelles on ne peut comprendre le rapport actuel de l’Amérique au monde.

De la même manière, la crise de la démocratie aux États-Unis n’est pas née avec Trump. C’est exactement l’inverse qui s’est produit. Son élection est un symptôme et non une cause. Certains datent de Richard Nixon la crise morale qui a saisi l’Amérique. De fait, c’est le dysfonctionnement profond de la démocratie américaine, aggravée dans ses conséquences négatives par l’explosion des inégalités économiques et sociales et la crise financière et économique de la fin des années 2000 qui ont amené Donald Trump à la Maison Blanche. Et l’élection aux États-Unis d’un président plus soucieux d’écologie ne suffira pas à répondre au défi du réchauffement climatique.

Pourtant entre l’élection d’un démocrate, n’importe lequel serait-on tenté de dire, et la réélection de Donald Trump, il existe une différence considérable. Le monde ne peut se permettre d’avoir à la tête du pays qui est encore la première puissance mondiale (suivie désormais de près par la Chine) un clown rusé et habile certes, mais surtout, un cynique absolu, paresseux, imprévisible, déstructuré et enfin et avant tout, dangereux – comme l’élimination du Général Soleimani à Baghdad en a été l’illustration.

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20.01.20

Istacec

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