À son tour, Macron s’abaisse à instrumentaliser l’immigration







Tout dans ce raisonnement est laid. Tout, au surplus, est faux.  Il fait de la haine le trait dominant des classes populaires, comme si elle ne subissaient pas suffisamment. Les voilà donc non seulement chômeuses, appauvries, déphasées, mais également méchantes malgré elles, incapables de ne pas détester à peine les expose-t-on à de nouveaux voisins: on doit bien rire chez les bourgeois, les vrais, d’humilier ainsi ceux que l’on exploite.





Pour les avertir contre l’indulgence dont ils feraient preuve sur l’immigration, Emmanuel Macron demande à ses partisans de ne pas devenir «un parti bourgeois». On pourrait sourire de ce déni car enfin, qu’est-ce-que la République en marche sinon précisément un parti bourgeois, la quintessence du parti de la bourgeoisie? Bourgeoisie d’affaire, bourgeoisie d’entreprise, bourgeoisie de culture, bourgeoisie convaincue d’être par son mérite en charge de la société, devant porter le fardeau du pays et montrer le chemin aux classes populaires qui ne comprennent ni leur sort, ni le temps que nous vivons, bourgeoisie se donnant la mission de prospérer pour son propre confort et pour le bien commun… Il n’y a pas de honte, notez bien.

Mais par quelle bizarrerie le président utilise-t-il ce mot, bourgeois, comme un repoussoir? Il ne s’agit bien sûr que de rhétorique, d’une ruse de langage; celle-ci n’est pas glorieuse: un homme jadis bienveillant veut extirper la bienveillance de son camp, et pour cela exhume une vieille saleté de notre vieille politique, qu’ont utilisée avant lui tant de cyniques, de méchants, de matamores, on aurait souhaité qu’il fût d’une autre trempe.

Cette saleté dit ceci:

  1. L’amour de l’étranger est un truc de nantis;
  2. Seuls les richards tolèrent l’immigration, car ils ne la vivent pas dans leurs quartiers protégés. «Les bourgeois de centre-ville, eux, ils sont à l’abri!», a dit le président;
  3. Connaître l’immigration, c’est forcément la haïr;
  4. Le peuple la connaît, lui, la subit dans ses rues et conséquemment la hait;
  5. Le peuple hait l’immigration, il en devient fou et il en vote mal;
  6. Il faut alors suivre le peuple pour le ramener au bon vote, et avoir la main dure contre l’immigration;
  7. Sinon on est un bourgeois, un naïf, égaré de bons sentiments ou de mépris social, et qui préfère le métèque au populo de chez nous.

La suite ici : À son tour, Macron s’abaisse à instrumentaliser l’immigration

19.09.19

Istacec

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