« Accorder des droits à une machine, c’est une pente dangereuse »


droits

 

 

 

« Doter les robots d’une personnalité juridique, c’est leur donner des obligations, mais aussi des droits, qui seraient alors alignés sur le modèle des droits accordés aux humains, dont le droit à la dignité, à la liberté, celui de ne pas être détruit. »

 


Maître de conférences en droit privé à l’Université d’Artois, spécialiste du droit et de l’éthique de l’intelligence artificielle, Nathalie Nevejans a rédigé une lettre ouverte à la Commission européenne mettant en garde contre la création d’une personnalité juridique pour les robots. Une mesure selon elle à la fois inutile et dangereuse. Rencontre.

Tout a commencé avec la résolution européenne de février 2017, qui propose un encadrement juridique pour les robots. Ce texte suggère notamment d’accorder une personnalité juridique aux robots les plus évolués, idée qui me semble très inquiétante. La résolution ayant été adoptée par le Parlement européen, la prochaine étape est la mise en place d’une directive de la Commission européenne : là où la résolution n’est qu’un avis, sans valeur juridique, la directive, elle, est un texte obligatoire qui s’applique dans tous les pays de l’Union. Dans cette perspective, j’ai décidé de rédiger cette lettre ouverte afin d’avertir la Commission européenne du danger que constitue la mise en place d’une personnalité juridique pour les robots. Cette lettre a été signée par des médecins, des psychologues, des juristes, mais aussi par des experts en intelligence artificielle et en robotique, ainsi que des fabricants de robots.

Il faut d’abord distinguer deux cas de figure possibles. Le premier serait de doter les robots d’une personnalité juridique, sur le modèle humain. Plusieurs indices semblent indiquer une volonté d’aller dans ce sens-là. Ainsi, dans le texte de la résolution européenne de février 2017, on trouve l’idée que les robots ne sont pas de simples objets et qu’ils sont plus évolués. D’ailleurs dans l’avant-projet de résolution, on évoquait même l’idée qu’ils pourraient potentiellement un jour avoir une conscience… Tous ces indices laissent penser qu’on pourrait tendre à leur accorder la personnalité juridique sur le modèle des personnes physiques, bien que cela ne soit jamais clairement évoqué.

La suite ici  : « Accorder des droits à une machine, c’est une pente dangereuse »

12.10.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.