Parfum de dictature. Le romancier turc Ahmet Altan condamné à perpétuité


Ahmet Altan

« Le système judiciaire a été contaminé par la lèpre et défiguré par des plaies purulentes. Mais je crois au proverbe latin selon lequel la loi dort parfois, mais ne meurt jamais. Je sais que l’État de droit qui a été fusillé, blessé et qui gît inconscient dans son sang, guérira éventuellement et reviendra à lui. »


La peine de perpétuité vient d’être prononcée contre lui. Ahmet Altan s’attendait au châtiment suprême. Comme s’y attend aussi Asli Erdogan, qui exerce le même métier, de plus en plus risqué en Turquie, d’écrivain et de journaliste libre de parole. Jointe à Francfort où elle vit pour l’instant en exil dans l’attente de son procès, elle se dit horrifiée : « Ahmet Altan est l’un des auteurs majeurs de mon pays. Il a vraiment façonné l’opinion depuis deux générations. J’ai un immense grand respect pour lui car ce n’est pas facile d’être un chroniqueur aussi fin et aussi courageux dans la Turquie d’aujourd’hui. Il a toujours été connu pour ses positions antimilitaristes, et voilà qu’on le jette en prison à vie, sous prétexte qu’il aurait participé au coup d’État ? C’est absurde et atroce. »

Incarcéré depuis septembre 2016 pour « tentative de renversement de la Grande Assemblée nationale turque », « tentative de renversement du gouvernement », « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel », Ahmet Altan a toujours refusé de plier. Au bout d’un an de détention, depuis sa prison, il a réussi à faire passer sous le manteau une lettre magnifique publiée dans Le Monde, où il jurait que son esprit serait pour toujours une forteresse inatteignable.


La suite ici  : Le romancier turc Ahmet Altan condamné à perpétuité

23.02.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.