Amazon et Alibaba: des emplois à tout prix?


Amazon

 

 

 

Comme si la lutte contre le sous-emploi des moins-qualifiés justifiait à elle seule d’attirer des employeurs n’offrant que des emplois au rabais. Pareille lutte n’implique-t-elle pas, au contraire de tenter de tirer l’écosystème vers le haut, en formant les gens afin de leur permettre d’acquérir les compétences susceptibles de répondre aux besoins des entreprises qui génèrent, quant à elles, des activités durables et à haute valeur ajoutée ?

 


Posons-nous un peu et tournons-nous vers l’avenir. Que souhaitons-nous pour nos enfants ? Une planète viable, sans aucun doute, et parmi tant d’autres priorités, un emploi épanouissant et de qualité.Soit, résumons le propos, pas vraiment ce que semble proposer Amazon dans le centre logistique de Lauwin-Planque, dans le nord de la France, que Le Soir a visité.

Qu’y voyons-nous ? Une portion de rêve américain (« Work hard. Have fun. Make history ») mais aussi et surtout un mode de fonctionnement à la chaîne, au sein duquel les tâches sont simplifiées à l’extrême, l’initiative individuelle réduite à sa plus simple expression et les perspectives de carrière limitées. A l’inverse, reconnaissons au géant de l’e-commerce de proposer des emplois par centaines à des gens peu qualifiés, dans une région économiquement sinistrée.

Tout cela est-il durable ? La manière dont certains ex-associates (le nom donné par Amazon à ses ouvriers) décrivent les conditions de travail au sein de l’entreprise permettent à tout le moins d’en douter. Et cela fait-il vraiment sens de promouvoir, malgré l’irrépressible demande des clients, un business model qui conduit à expédier, au plus vite, des produits de valeur parfois infime dans le monde entier ?

24.11.18

 

Istacec

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