America First: Donald Trump sait ce qu’il dit


America first

Mais ce serait une erreur que de réduire son action aux images psychologiques voire pathologiques qui circulent : au delà, effectivement, des éléments qui fondent de telles images, et si on veut bien faire la part de certaines de ses gesticulations, Trump est cohérent, et sait être en phase avec les attentes de son électorat. Rien ne dit qu’il lui sera impossible de briguer un deuxième mandat.


Tout au long des mois ayant précédé l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis, l’establishment, et, dans le monde entier la plupart des médias et des observateurs de la scène politique américaine ont refusé de croire à la possibilité de son succès. Pour eux, le candidat républicain n’était même pas un outsider : il était inacceptable, et donc improbable.

Puis l’impensé est devenu réalité, et un autre discours s’est mis en place, là aussi à l’échelle de la planète : Donald Trump vivrait dans l’univers du mensonge, des « Fake news », de la post-vérité. Son discours, ses comportements et ses attitudes relèveraient de la santé mentale ou presque. Dans un premier temps, sa destitution prochaine a été rêvée et même annoncée comme probable, comme si un impeachment devait être la conclusion la plus immédiatement prévisible et réaliste de son élection.

Toutes sortes d’informations et de récits, souvent vrais, parfois aussi relevant de la rumeur ont circulé, et circulent encore, jour après jour, pour attester du caractère pathologique de son comportement politique. Il a été dit de lui, par exemple, qu’il est incapable de voir plus loin que les cinq ou six minutes à venir et par conséquent de se projeter vers le futur. Les médias soulignent aussi à l’envi la valse de ses conseillers, ministres et autres proches, qui serait une marque supplémentaire de son incapacité à organiser autour de lui un environnement prévisible, stable et fiable ; ils évoquent également son sens excessif des intérêts de certains membres de sa famille, et donc une tendance à confondre les affaires et l’action publique. Ils notent que son souci de faire le contraire de Barack Obama prend l’allure d’une opposition infantile et obsessionnelle, on le dit capricieux.


La suite ici : America First : Donald Trump sait ce qu’il dit – Michel Wieviorka, sociologue | Carnet de recherche

12.11.17

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.