Angela Merkel dégrippe le moteur allemand




La chancelière a marqué mercredi une rupture avec l’orthodoxie économique allemande, en annonçant qu’elle ferait « tout ce qui est nécessaire » (y compris du déficit) pour lutter contre le coronavirus. Un tournant.


Toujours cash, Angela Merkel ne s’est pas contentée de déclarer que « 60 % à 70 % » de la population allemande pourrait être contaminée par le coronavirus, déchaînant un flot de dépêches d’agence et de commentaires sur les réseaux sociaux. Elle a aussi déclaré : « Nous sommes au début d’un développement dont nous ne pouvons encore voir la fin. Mais, en tant que pays, nous ferons tout ce qui est nécessaire. Et nous ne nous demanderons pas chaque jour : “Quelles conséquences pour notre déficit ?” » Mine de rien, il s’agit d’un virage radical dans l’approche de la politique économique allemande.

Depuis vingt ans, malgré la pression de leurs partenaires européens, les Allemands ont toujours placé comme leur première priorité le respect des équilibres budgétaires. A plusieurs reprises, l’Union européenne aurait eu bien besoin d’une relance de la locomotive allemande, mais Berlin a toujours refusé de s’y engager, bravant les pressions diverses : celles de ses partenaires (qui lui reprochent son manque de solidarité), celles de l’OCDE, celles du FMI. Le budget allemand a été excédentaire ces cinq dernières années, et la dette publique s’apprête à passer sous la barre des 60 % du PIB.

Les mots ne sont pas innocents. Lorsque Merkel dit « tout ce qui est nécessaire », elle produit un écho avec le fameux discours de Mario Draghi qui, en 2012, avait marqué une rupture avec la politique orthodoxe de la Banque centrale européenne qu’il présidait. La BCE, avait-il dit, est prête à faire « whatever it takes » (« tout ce qui est nécessaire ») pour préserver l’euro. D’une phrase, il avait sauvé ce dernier des attaques spéculatives déclenchées par la crise financière de 2008.

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15.03.20

Istacec

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