Arrêtez de faire de la prospective, faites de l’histoire !


prospective

 

 

Face à ce présent continué qui essaie de se faire passer pour l’avenir, il nous faut agir. Construire des discours capables de porter de nouveaux imaginaires, de désencastrer le futur, et de libérer nos capacités d’actions. L’hégémonie du TINA a aplati nos lectures du futur : il s’agit de leur redonner de la densité. Il est temps d’arrêter de faire de la prospective pour commencer à faire de l’histoire.

 

 


Dans la grande majorité des cas, nos apprentis prophètes se condamnent à représenter le futur comme une forme de présent continué. L’idéologie libérale a accompli son travail de sape systématique, en réduisant l’horizon des possibles imaginables. There is no alternative : ce mantra a fini par acquérir une valeur universelle. Il se conjugue à tous les temps. Il n’est pas difficile de prévoir le point d’arrivée d’une ligne droite. L’exercice du pouvoir se réduit alors à une simple administration des choses, oeuvre de gestionnaires qui doivent assurer la continuité du présent.

Nous construisons, comme des somnambules, sans vraiment y penser, un système sans ambition, sans surprise, sans nouveauté. Dans ce contexte, paradoxalement, regarder vers l’avenir nous paralyse, ici et maintenant. Nous sommes confrontés à cette injonction permanente au mouvement qu’imposent les enjeux de notre temps — le réchauffement climatique, l’accroissement des inégalités — mais nous demeurons tétanisés face à l’ampleur de ces derniers.

Autant demander à un joggeur du dimanche de se mesurer à Usain Bolt, comme ça, du jour au lendemain. Inutile de se voiler la face : si notre futur ne peut s’imaginer que comme un présent continué, il ne peut qu’être bien sombre.

La suite ici : Arrêtez de faire de la prospective, faites de l’histoire !

27.12.18

Istacec

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