Aucun algorithme, jamais, ne pourra défendre la démocratie


algorithme

 

Nous avons perdu la bataille contre les algorithmes en ce qui concerne la vie privée. Il faut aujourd’hui se battre pour limiter leur impact sur nos vies publiques et notre destin collectif.

 

 


Le 4 septembre, Mark Zuckerberg a publié sur le Washington Post une tribune intitulée «Protéger la démocratie est une course aux armements. Voici comment Facebook peut nous y aider». Dix jours plus tard c’est sur sa plateforme qu’il annonce «se préparer pour les élections»: il liste les risques, les biais, les détournements, les logiques d’influence et de manipulations qui ont déjà mis en danger l’équilibre démocratique et l’organisation de scrutins. Et il annonce, une fois de plus, qu’il va essayer de corriger tout cela. Il n’y parviendra pas.

Comment avons-nous pu nous retrouver au début du XXIe siècle dans une situation où Mark Zuckerberg – et quelques autres patrons de plateformes numériques – se fixent comme objectif récurrent de «protéger la démocratie», principalement à grands coups «d’algorithmes» et «d’intelligence artificielle» et affirment que cela sera une de leurs principales «missions» au sein de leur entreprise et à l’échelle du monde ?

Pendant les dix dernières années, le combat principal d’activistes, de journalistes, de défenseurs des libertés numériques fut celui visant à limiter l’impact de l’empreinte algorithmique sur nos vies privées et intimes. Ce combat-là est terminé, obsolète et, pour l’essentiel, perdu. C’est un autre combat qu’il nous faut aujourd’hui mener, sur un tout autre front, avec une tout autre urgence et à une tout autre échelle. C’est le combat pour limiter l’impact de l’empreinte algorithmique décisionnelle sur notre vie publique, sur nos infrastructures sociales communes et sur notre destin collectif.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2018/09/17/aucun-algorithme-jamais-ne-pourra-defendre-la-democratie_1679311

21.09.18

Istacec

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