«Depuis les années 2000, il y a une augmentation constante des crimes haineux aux Etats-Unis»


crimes haineux

 

En disant des Mexicains qu’ils sont des «violeurs», en traitant les nations africaines de «pays de merde», ou en décidant de politiques anti-pays musulmans, ou anti-immigrés, il (Donald Trump)  a légitimé et stimulé le mouvement. Aujourd’hui, la haine vient directement de la Maison Blanche.Heidi Beirich analyse les conséquences des événements de Charlottesville il y a un an.

 

 


Un an jour pour jour après les violences de Charlottesville (en Virginie), où une contre-manifestante avait trouvé la mort, écrasée par une voiture-bélier conduite par un néonazi, une nouvelle manifestation de nationalistes blancs se tient ce dimanche à Washington DC (à partir de 23 heures, heure de Paris). L’organisateur de cette deuxième édition du «Unite the Right rally» (rallye pour l’union de la droite), Jason Kessler, 34 ans, voulait que celle-ci se tienne comme l’an dernier, à Charlottesville, mais le permis lui a été refusé. Il l’a obtenu en revanche pour la capitale fédérale.

Qui est Jason Kessler, l’organisateur de la manifestation du 12 août à Washington, et de la précédente à Charlottesville, l’an dernier ?

Il a un parcours étonnant : il a commencé son engagement politique à gauche, a voté démocrate et a même fait partie du mouvement Occupy Wall Street. Avant de faire une bascule spectaculaire à l’extrême droite. On le range aujourd’hui dans la catégorie des nationalistes blancs, qui considèrent que les Blancs, aux Etats-Unis, sont l’objet d’attaques croissantes. Il se voit comme le défenseur des droits civiques de l’homme blanc oublié, négligé par le système.

Comment est-il vu par les différents groupes d’extrême droite ?

Après Charlottesville, il est devenu un paria. Dans sa ville – il est originaire de Charlottesville où les habitants ont été traumatisés par les événements – mais également auprès des groupes d’extrême droite. Les conséquences du rassemblement de l’an dernier ont été extrêmement négatives pour eux. Beaucoup sont sous le coup de poursuites pénales ou de procès au civil, comme celui que leur intente la municipalité de Charlottesville. En plus, ils ont perdu leurs principaux moyens de financement : des plateformes comme PayPal ont supprimé leurs comptes, ne voulant plus être associés à ces mouvements de haine. Il ne leur reste guère que les bitcoins, l’argent liquide ou les chèques pour financer leurs activités. Après des années à fermer les yeux au nom de la liberté d’expression, de nombreuses entreprises de la tech commencent à agir : Twitter a fermé de nombreux comptes en amont du rassemblement de dimanche, par exemple. Sans compter ce qu’ils devront payer en frais d’avocat et en dommages et intérêts : Charlottesville a coûté très cher, dans tous les sens du terme, à l’alt-right. A leurs yeux, Jason Kessler incarne le rassemblement et ses conséquences.

La suite ici : http://www.liberation.fr/planete/2018/08/12/depuis-les-annees-2000-il-y-a-une-augmentation-constante-des-crimes-haineux-aux-etats-unis_1672235

13.08.18

Istacec

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