Aux Etats-Unis, rage contre le machisme


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Aux Etats-Unis, dans le sillage du mouvement #MeToo, de nombreuses femmes ont décidé de ne plus enfouir leur colère, mais de s’en servir enfin comme d’une force politique dans l’espace public. Trois essais publiés à quelques semaines d’intervalle font l’éloge de cette libération explosive.

 

 


A l’âge de 15 ans, Soraya Chemaly a surpris sa mère en train de lancer une à une des assiettes en porcelaine depuis la véranda de la maison. En silence, avec minutie, elle les projetait en l’air et les regardait s’exploser en mille morceaux en contrebas. Une fois la pile d’assiettes terminée, elle est retournée dans la cuisine et, l’air impassible, a demandé à sa fille comment s’était passée sa journée.

Plus de trente ans plus tard, la Soraya adolescente est devenue femme et écrivaine, et elle est en colère, elle aussi. Elle constate pourtant qu’un vent nouveau s’est levé et que dans le sillage du mouvement #MeToo, bien des femmes n’exorcisent plus leur colère dans le secret de leurs maisons. Elles choisissent plutôt de l’articuler en public : sur les réseaux sociaux ou, comme à l’occasion de la troisième Women’s March consécutive aux Etats-Unis le 19 janvier, dans la rue, pancartes et doigts d’honneur à bout de bras. «C’est le moment de changer la vision que nous avons de la colère des femmes», affirme Soraya Chemaly. Elle a publié en septembre un livre rouge de colère, Rage Becomes Her (Atria Books, non traduit), à la fois éloge et harangue de la rage exprimée par les femmes américaines ces derniers mois.

Quelques semaines plus tard seulement l’ont rejoint deux autres livres qui encourageaient eux aussi la déferlante : Good and Mad, de Rebecca Traister (Simon & Schuster, 2018, non traduit), et Fed Up, de Gemma Hartley (Harper One, 2018, non traduit). Les couvertures de ces trois livres sont étrangement cousines : rouges et blanches, leurs titres étalés en lettres capitales, démesurément grandes par rapport à celles de leurs voisins, elles semblent se serrer les coudes sur les présentoirs des librairies américaines. Elles proposent un coup de sang intellectuel et défendent une même conviction : la colère post-#MeToo pourrait déclencher une véritable révolution. Mais pour qu’elle éclose et porte ses fruits, il faut que la société accepte l’idée que la rage féminine est légitime, et surtout utile pour la société.

La suite icihttps://www.liberation.fr/debats/2019/01/20/aux-etats-unis-rage-contre-le-machisme_1704219

22.01.19

 

Istacec

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