Aux portes de l’Europe, on filtre les mensonges




Avec le projet iBorderCtrl, entré récemment dans sa phase de tests, les gardes-frontières européens pourraient se faire aider de nouvelles technologies : des outils biométriques, un dispositif de vérification de documents et un système de détection automatique du mensonge, très décrié par de nombreux chercheurs.






Andrey est ukrainien. Dans quelques jours, il se rendra à l’Ouest, dans l’Union européenne (UE), où il a trouvé un emploi. Andrey n’a pas encore mis un pied dehors. Pourtant, assis dans le canapé de son salon, il va faire face à une frontière extérieure de l’UE, ou plutôt à sa façade dématérialisée. Première étape : l’homme va allumer son ordinateur portable et lancer une application Web. Il y a déjà renseigné ses informations personnelles, téléchargé une copie de son visa et d’autres documents et donné des indications sur la durée et le but de son voyage.

Andrey doit à présent répondre aux questions d’un avatar, une sorte de garde-frontière virtuel. «Quel est votre nom de famille ?», demande l’avatar à l’allure humaine, vêtu d’un uniforme. S’ensuivra une série de questions pour évaluer la sincérité d’Andrey. Pendant l’interrogatoire, la webcam de l’ordinateur le filme. Un logiciel analyse des mouvements infimes et quasi invisibles de son visage dans le but annoncé de détecter les réponses fausses et un comportement suspect. Une comparaison d’images faciales s’ajoute au dispositif.

Andrey n’existe pas. C’est un personnage fictif. Tout comme l’est le scénario précédent. Mais l’idée d’une frontière avec une façade dématérialisée, elle, est réelle. Elle est même au cœur d’iBorderCtrl, un «projet de recherche» comme le martèle depuis le Luxembourg son coordinateur, George Boultadakis, consultant chez European Dynamics, une entreprise de services informatiques. Le message est clair : iBorderCtrl relève de la recherche et ne remplace pas, pour l’heure, les véritables contrôles aux frontières.

Porté par un consortium de treize partenaires – universités, entreprises et organismes publics, dont des gardes-frontières – répartis dans neuf États membres, iBorderCtrl agrège de nombreuses technologies conçues pour s’adapter à la gestion future des frontières de l’espace Schengen, cet espace de libre circulation des personnes, qui regroupe 22 pays de l’UE, plus la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein. Parmi ces technologies, des outils biométriques, un dispositif de vérification de documents et un système de détection automatique du mensonge (ADDS), très décrié par de nombreux chercheurs.

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28.08.19

Istacec

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