«Avec Google, nous utilisons des technologies qui censurent, mais nous ne voulons pas le voir»


censurent

 

Si on tape «filles noires», «Juifs» ou «belles» dans le moteur de recherche, qu’obtient-on ? Dans son dernier ouvrage, la chercheuse américaine, dénonce le sexisme, les discriminations et le racisme des résultats affichés par la plateforme. Antidémocratique et à visées publicitaires, Google bénéficie d’un excès de confiance de la part des internautes.

 

 


Google n’est pas un lieu très sûr pour les minorités. Même lorsqu’il ne s’agit que de faire une recherche apparemment anodine, confortablement installé derrière son écran. C’est ce qu’affirme depuis près de dix ans Safiya Umoja Noble, chercheuse en sciences de l’information à l’Université de Californie du Sud, à Los Angeles. Dans Algorithms of Oppression, publié en février (NYU Press, non traduit), l’auteure américaine montre comment le mastodonte des moteurs de recherche assoit une nouvelle forme de sexisme et de racisme ordinaires. Un phénomène d’autant plus préoccupant que, face à cet outil qui se donne des airs de bibliothèque moderne, nous baissons souvent notre garde.

Qu’est-ce qui amène une spécialiste des catalogues de bibliothèque à s’intéresser à Google ?

Quand j’ai repris des études après douze années dans le marketing, j’ai été très frappée de voir que le monde académique voyait en Google une sorte de bibliothèque publique en ligne. C’était en 2009, à l’époque où «google» était devenu un verbe, où les Etats-Unis et l’Europe avaient les yeux rivés sur le projet de bibliothèque universelle de Google, qui promettait de numériser tous les livres de la planète. Je ne comprenais pas bien cet enthousiasme, moi qui venais de côtoyer pendant des années des gens qui rusaient avec les algorithmes pour rendre leurs contenus plus visibles. Google me semblait un endroit bien précaire pour héberger et distribuer la connaissance. Mon intuition a été confirmée avec une certaine violence quand, en faisant part de ces préoccupations à un ami, il m’a suggéré une expérience : chercher «filles noires» sur Google. Je n’ai trouvé rien d’autre que de la pornographie. Un an après, alors que je cherchais des activités pour ma belle-fille et ma nièce venues pour le week-end, j’ai cherché «filles noires» à nouveau, avec le même constat. L’idée qu’elles puissent tomber elles-mêmes sur ce genre de contenu a achevé de me convaincre qu’il fallait me pencher sur les biais racistes et sexistes des moteurs de recherche.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/safiya-umoja-noble-avec-google-nous-utilisons-des-technologies-qui-censurent-mais-nous-ne-voulons-pa_1689541

4.11.18

Istacec

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