Vous avez dit philanthrocapitalisme?


philanthrocapitalisme

On devrait s’inquiéter, et non se réjouir, de ne plus pouvoir distinguer la philanthropie de la spéculation. Face à une Silicon Valley si désireuse de sauver le monde, on ferait bien de se demander qui nous sauvera enfin de la Silicon Valley.


Les milliardaires d’antan avaient le mérite d’afficher sans détour leurs intentions : ils ne se cachaient pas de préférer le pillage des ressources mondiales à leur sauvegarde. Si les « barons voleurs » de l’ère industrielle comme Henry Ford, Andrew Carnegie ou John Rockefeller ont effectivement consacré une partie de leur fortune à des œuvres caritatives, il marquaient clairement la distinction : le pétrole et l’acier rapportaient de l’argent ; l’éducation et les arts aidaient à le dépenser.

Mais à une époque où cinq géants des nouvelles technologies figurent au palmarès mondial des dix plus grandes entreprises, on ne sait plus très bien où s’arrêtent les affaires et où commence la charité. En travaillant pour différents secteurs, de l’éducation à la santé en passant par les transports, ces plates-formes numériques bénéficient d’une opportunité que ne connaissaient pas les magnats industriels du siècle dernier : elles peuvent continuer à vendre leur produit phare — en substance, de l’espoir enrobé d’une multitude de couches de données, d’écrans et de capteurs —, sans avoir besoin d’investir dans des activités non productives.

La suite ici : Vous avez dit philanthrocapitalisme ?, par Evgeny Morozov (Les blogs du Diplo, 26 octobre 2016)

31.10.16



Istacec

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