Avortement : le danger du recul américain






Ce mouvement montre qu’il n’y a pas d’acquis qui ne soit potentiellement réversible. Le droit des femmes à disposer de leur corps comme elles l’entendent est remis en cause par une fraction de la population américaine, minoritaire, mais agissante.



C’est une bataille politique bien orchestrée. Alabama, Géorgie, Ohio, Kentucky, Tennessee, Missouri… Depuis le début de l’année, la liste des Etats américains qui ont décidé de durcir la législation sur l’avortement ne cesse de s’allonger. Au total, des lois restrictives ont été adoptées, ou sont actuellement en cours d’examen, dans pas moins de 28 Etats sur 50. Sous des formes différentes, le but reste le même : inciter à déclencher une procédure juridique susceptible d’être portée devant la Cour suprême pour revenir sur la jurisprudence fédérale. Le succès de cette entreprise ramènerait les Etats-Unis quarante-six ans en arrière.

Dernier exemple en date de cette vague conservatrice, le 17 mai : le Parlement du Missouri a adopté une loi qui punit jusqu’à quinze ans de prison une interruption volontaire de grossesse (IVG) au-delà de la huitième semaine (contre douze semaines en France). En Alabama, un médecin qui pratiquerait un tel acte sur une femme, même victime de viol ou d’inceste, encourt désormais quatre-vingt-dix-neuf ans d’emprisonnement, une peine supérieure à celle en vigueur pour le violeur lui-même. En Géorgie, dans l’Ohio ou le Tennessee, l’avortement est hors la loi dès la sixième semaine de grossesse, un stade où la plupart des femmes ignorent encore être enceintes.

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23.05.19

Istacec

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