Banalisation du nazisme ?



 

 

 

Dénoncer telle ou telle proposition politique en usant du terme de « nazi », c’est soulever une dérive potentielle vers un régime extraordinaire qu’il convient précisément de dénoncer. C’est le contraire de la banalisation.

 


En venant sur la Première ce matin, Georges-Louis Bouchez a relancé le débat sur sa proposition de sanctionner ceux qui donnent du «nazi» à tout va. Outre ses simplismes habituels, GLB (pour faire plus court) a étalé sa méconnaissance d’un sujet délicat, méconnaissance qui ouvre la porte à de nombreux problèmes. Outre, déjà, des réflexions plus que curieuses comme « la banalisation du nazisme est aussi grave que le négationnisme », GLB finit par complètement noyer le débat sur le travail de mémoire, et le rendre non seulement inaudible mais aussi inopérant.

Déjà, par sa proposition, GLB entretient la confusion entre victime et bourreau. Ce que vise non pas la Loi Moureaux (méconnaissance supplémentaire. La Loi Moureaux, de 1981, réprime certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie) mais la loi de 1995 sur le négationnisme, c’est la protection des victimes de la Shoah, génocide sans précédent. C’est bel et bien la victime qui est au cœur du mécanisme. Ici, GLB renverse ce principe. Sa proposition protège un corps politique, responsable de ses actes.

Ensuite, GLB témoigne d’une approche partisane du débat politique. Si l’outrance peut être certes dénoncée, elle fait néanmoins partie du langage politique (car nous sommes ici dans le débat politique). De tout temps, les orateurs ont cherché un symbole universel du mal à dénoncer. Longtemps ce sont ceux de « Pharaon », de « Néron », de « Caligula » qui ont prévalu. La figure de Napoléon Bonaparte comme le symbole du souverain maléfique a également souvent été utilisée jusque dans les années trente. Le terme de « nazi » ne succède donc qu’à une longue suite de personnification du mal, qui représente certes parfois une pauvreté de l’argument, mais qui est destiné à marquer les esprits par sa référence « choc ».

La suite ici :https://www.facebook.com/jonathan.piron.7/posts/10156610104196484?__tn__=K-R

19.08.18

Istacec

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