Bart De Wever, une certaine idée du pigeon


De Wever

 

 

Lorsque le vieux monde se meurt, que le nouveau monde tarde à paraître et que dans ce clair-obscur surgissent les monstres, deux morales s’affrontent jusqu’à ce que la nouvelle dépasse l’ancienne, jusqu’à ce que la culture littéraire marque le pas contre celle des panneaux Facebook et, enfin, qu’une race d’hommes politiques succède à une autre.

 


A ce jeu d’échecs de l’ancien contre le nouveau, Charles Michel et Bart De Wever ont récemment disputé une partie aux manières de grand renversement moral, où l’ancien, d’ailleurs, prend des airs de moderne tandis que le nouveau se donne des prétentions de classique. Ainsi de cette analogie de la politique comme un grand échiquier. Toute la vie de Charles Michel, comme le joueur d’échecs de Zweig, l’a contraint à une excellence stratégique qui en fait un praticien opiniâtre de coups brillants. Son excellence, bien sûr, le mène parfois à des tentatives à la licéité contestable.

Mais la N-VA n’est pas un participant ordinaire, et son président non plus. Bart De Wever, cet homme dont Theo Francken dit qu’il joue aux échecs avec cinq coups d’avance, ce stratège qui se prétend oint d’une patine d’antique, ce législateur qui fait croire qu’il a lu Burke et que ce sont les autres qui sont contre les Lumières, ce censeur qui s’allie avec des socialistes qu’il avait établis en ennemis absolus, ce philosophe qui jette au contemporain inattentif une érudition qui n’est que tartarinade, cet homme, Bart De Wever, joue en fait aux échecs comme dans une citation pour panneaux Facebook. Car Bart De Wever, ce n’est pas vraiment ce stratège, ni ce législateur, ni ce censeur, ni ce philosophe. Bart De Wever, c’est ce pigeon sur cet échiquier dont l’adversaire cherche à comprendre la tactique, mais qui va renverser toutes les pièces d’un coup de bec arrogant, se percher sur le crâne opposé et y déposer une fiente méprisante.

La suite ici : Bart De Wever, une certaine idée du pigeon

5.01.19

Istacec

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