Belgique, la fin d’un modèle



 




 

La Belgique fédérale s’est construite sur la concertation et une certaine forme de bonne volonté. Cela a fonctionné tant qu’il y avait trois voire quatre grandes familles politiques, ayant maintenu qui plus est, des relations au-delà de la frontière linguistique. Ensuite, cela s’est progressivement délité, Francophones et Flamands ont commencé à voter différemment.



 

Et puis le Vlaams Blok/Belang et la N-VA sont arrivés. A chaque scrutin, la Flandre se choisissait un autre vainqueur : VLD (1999), SP.A (2003), Vlaams Blok (2004), CD&V (2007) et ensuite la N-VA de Bart De Wever,  » renforcée  » cette fois par le retour du Vlaams Belang, soit 43 des 87 députés fédéraux élus en Flandre. Si les enquêtes démontrent que l’indépendance de la Flandre n’attire guère les citoyens flamands, il n’en reste pas moins que désormais les séparatistes ont les clés des prochaines coalitions.

Le modèle fédéral belge n’a pas été conçu dans un ensemble. Les partis politiques ont juste répondu à chaque fois aux problèmes de l’heure plutôt que de réfléchir à long terme.

L’horizon a toujours été celui d’une législature ou des problèmes immédiats, pas celui de l’intérêt général. Ainsi, Yves Leterme s’est pris les pieds dans une impossible orange-bleue avec une réforme de l’état sans majorité des 2/3. Ensuite, ils se sont mis à huit partis autour d’Elio Di Rupo pour accoucher d’une réforme de l’Etat (et de la scission de BHV) censée tout résoudre et faire reculer la N-VA. C’est l’inverse qui s’est produit. Charles Michel a brisé un tabou, en prenant la tête d’un gouvernement ultra-minoritaire côté francophone, mouillant la N-VA au pouvoir fédéral. Il a radicalisé à gauche une partie de la Wallonie, légitimé le discours anti-migration de la droite nationaliste flamande et finalement placé encore plus la N-VA au centre du jeu. Au point que le confédéralisme n’a jamais autant été à l’ordre du jour.

La suite ici : Belgique, la fin d’un modèle

1.06.19

Istacec

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