BlackRock : la médiatrice européenne ouvre une enquête sur un contrat conclu avec la Commission



 

 

 


La médiatrice de l’Union européenne (UE), Emily O’Reilly, a décidé, lundi 6 juillet, d’ouvrir une enquête sur un contrat conclu par la Commission européenne avec la société américaine BlackRock, qui est l’institution financière la plus puissante au monde – elle possède quelque 6 300 milliards de dollars (5 500 milliards d’euros) d’actifs, dont un tiers en Europe.

 

 


Chargée du contrôle du fonctionnement de l’UE, Emily O’Reilly avait, dès le mois d’avril, reçu une plainte de députés européens s’inquiétant que ce fonds surpuissant, qui est notamment actionnaire ou auteur de missions d’audit pour des banques, se voie confier une mission portant précisément sur la surveillance bancaire. Et plus précisément sur l’incorporation dans celle-ci de « facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance ».

Le soupçon des élus était renforcé par le fait que BlackRock avait décroché ce marché en rentrant une offre d’un coût très inférieur à celui de ses huit concurrents. De quoi attiser l’idée que « ce n’est pas le gain sur la prestation qui intéresse la société, mais le fait de participer, en amont, à la définition des critères de ses futurs investissements », comme le note l’eurodéputé français Pascal Durand du groupe Renew Europe et initiateur d’une question écrite à la Commission.

A la mi-juin, Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission, chargé de la stabilité financière, répondait à cette interpellation cosignée par 84 eurodéputés. Le contrat a, selon lui, été établi en fonction du meilleur rapport qualité-prix. Et le responsable letton affirmait que rien ne permettait de remettre en question la capacité de BlackRock à « fournir le service proposé ». La Commission, poursuivait-il, n’a donc « aucune raison valable » d’annuler la procédure d’adjudication mais « restera vigilante ». Et le rapport final sera rendu public, assurait M. Dombrovskis.

« Ce n’est pas suffisant, cela ne lève pas les inquiétudes quant au flagrant conflit d’intérêts », souligne l’eurodéputé Damien Carême, du groupe des Verts. Pour lui, impossible de croire en la « ségrégation physique » entre les services d’étude de BlackRock et ceux chargés de ses investissements, comme le promettait la Commission.

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10.07.20

Istacec

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