«Ce qui nous manque, c’est un capitalisme relativement égalitaire»






On assiste à un déclin de la classe moyenne occidentale avec, en parallèle, la montée d’une élite mondiale largement détachée de son appartenance nationale. Ceci constitue une menace de la stabilité démocratique. Et nous sommes face à une dérive : celle d’une gouvernance par les riches. C’est évident sur la question de la globalisation financière ou encore de la fiscalité.






L’économiste américain Branko Milanovic est l’un des meilleurs spécialistes des inégalités à l’échelle mondiale. Longtemps, il a travaillé au sein de la Banque mondiale, et sa recherche, qui a fait date, sur les effets de la mondialisation est enfin traduite en France. Inégalités mondiales. Le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l’égalité des chances est publié ces jours-ci à La Découverte, avec une préface de Thomas Piketty, l’autre grand spécialiste des inégalités.

Le sujet des inégalités est multidimensionnel. On a trop souvent tendance à réduire inégalité et égalité à un aspect binaire, comme si on devait être totalement égaux ou totalement inégaux. Cette question des inégalités doit être vue de façon graduelle, un peu comme un thermomètre qui indique une température. Il est difficile de comprendre comment se mesurent les inégalités sans faire un rapide détour par l’indice de Gini, qui est utilisé pour mesurer l’inégalité de répartition des revenus dans un pays donné, et cet indice varie dans une fourchette comprise entre 0 à 100.

Mais vous constatez tout de même une baisse globale des inégalités mondiales tout en affirmant que nous faisons fausse route. Pourquoi ?

C’est vrai, mais c’est dû à la forte croissance en Asie et à l’émergence d’une classe moyenne, notamment en Chine et en Inde. Mais méfions-nous, car cette réduction générale des inégalités tranche avec le creusement des inégalités à l’intérieur de nombreux pays, y compris en Asie. Ceci étant, la baisse globale des inégalités a ceci de très particulier : les riches sont toujours plus riches. 1 426 milliardaires, soit approximativement 0,000002 % de la population mondiale, concentrent environ 2 % des richesses mondiales. Leur poids en termes de richesse est un million de fois supérieur à leur poids réel dans la population. Entre 1987 et 2

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2019/02/10/branko-milanovic-ce-qui-nous-manque-c-est-un-capitalisme-relativement-egalitaire_1708590

12.02.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.