Brésil : Jair Bolsonaro, sombre investiture


Bolsonaro

 

Le nostalgique de la dictature prend mardi ses fonctions à la tête du plus grand pays d’Amérique latine. Dans son gouvernement, sept militaires, un adepte des théories du complot, une pasteure anti-IVG chargée des droits des femmes, et le juge Moro, qui a mis Lula en prison.

 

 


Nous y voilà. A compter de mardi, l’extrême droite sera aux commandes du Brésil, la plus grande démocratie d’Amérique latine. Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire (1964-1985), recevra l’écharpe présidentielle du chef de l’Etat sortant, l’impopulaire Michel Temer. C’était le pire dénouement possible pour la crise politique déclenchée par la réélection, il y a quatre ans, de Dilma Rousseff (Parti des travailleurs, PT). Sa destitution discutable, en 2016, avait mis fin aux treize ans de pouvoir du PT, avec l’élection en 2003 de Lula, l’icône de la gauche aujourd’hui en prison pour malversations. La célèbre opération Lava Jato («lavage express») est passée par là, révélant une corruption généralisée dans la classe politique. Epuisés par les «affaires» et par la crise économique, déçus par la dégringolade d’un pays qui semblait promis au firmament, les Brésiliens ont opté pour un changement radical de cap.

A quoi ressemblera le nouveau cycle qui commence ? Nul ne se risque à un pronostic, tant la situation est inédite. Jair Bolsonaro a beau avoir été député pendant sept mandats, c’est un outsider, «un politique marginal et extrémiste, mais indéniablement charismatique», décrit Cláudio Gonçalves Couto, politologue de la Fondation Getúlio-Vargas. «Il a tellement élargi le champ d’actions possibles qu’on ne sait pas à quoi s’attendre», renchérit João Alexandre Peschanski, professeur de sciences politiques à l’université Cásper-Líbero. Pour André Singer, ancien porte-parole de Lula, «il y a dans l’air un mélange improvisé et lugubre de trumpisme, de pinochétisme et d’Olavo de Carvalho», philosophe gourou de la droite dure sortie du placard par réaction au long règne du PT.

La suite ici :  https://www.liberation.fr/planete/2018/12/30/bresil-jair-bolsonaro-sombre-investiture_1700378

1.01.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.