Brexit : les dangers du poker menteur


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En rouvrant la question de la frontière avec l’Irlande, la première ministre joue la carte d’un périlleux chantage dans lequel les Britanniques ont encore plus à perdre que les Européens.


Poker menteur, tentative désespérée de gagner un peu de temps, ou manœuvre perfide de la onzième heure ? Il y a un peu de tout cela dans le dernier rebondissement du psychodrame du Brexit. Mardi 29 janvier, Theresa May a, l’espace d’un vote à la Chambre des communes, réussi à sauver la face du Parti conservateur en obtenant, enfin, le soutien d’une petite majorité de députés à un amendement à l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

A deux mois de la date prévue de la sortie de l’UE, cet amendement demande la réouverture des négociations et propose de remplacer le filet de sécurité prévu pour la frontière irlandaise, le fameux « backstop », rejeté par les unionistes d’Ulster, par d’hypothétiques « arrangements alternatifs ». L’UE a aussitôt répondu négativement, en réaffirmant sa ligne sur l’accord du Brexit conclu avec Londres : cet accord, fruit de deux ans de discussions, n’est pas renégociable, et le « backstop » en est une pièce essentielle.

« Rideau ! », est-on tenté de dire face au triste spectacle offert par Westminster depuis de trop longues semaines. Mais c’est aux responsables politiques britanniques qu’il appartient de trouver une issue au cauchemar du Brexit. Les contorsions auxquelles se livre la première ministre à la Chambre des communes montrent bien que le problème se situe à Londres plus qu’à Bruxelles : la crise du Brexit, on le sait, est britannique avant d’être européenne et ne pourra être véritablement réglée qu’entre Britanniques.

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1.02.19

Istacec

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