Brexit : «Les parlementaires rebelles n’ont plus rien à perdre»






Dominic Grieve est député de Beaconsfield, à l’est de Londres, depuis 1997. Procureur général (conseiller juridique en chef du gouvernement, un des plus hauts postes du cabinet) sous David Cameron, il est très europhile et souhaite la tenue d’un nouveau référendum sur le Brexit. Il vient d’être expulsé du Parti conservateur, avec 21 autres collègues, pour avoir voté contre Boris Johnson pour bloquer une sortie sans accord. Il analyse les conséquences de l’expulsion, mardi, de 22 membres du Parti conservateur, dont lui.





Boris Johnson va réaliser qu’il a les mains liées et que la loi va lui imposer de demander à l’Union européenne une extension. Pour le moment, je pense que nous allons assister à la suspension du Parlement la semaine prochaine. A moins que le Premier ministre n’essaye d’appeler à de nouvelles élections. De son point de vue, comme il n’a pas pu obtenir la dissolution qu’il souhaitait mercredi, il pourrait encore tenter de convaincre le Labour, et sans doute les autres partis d’opposition. Le SNP, parti indépendantiste écossais, est très tenté par un scrutin. Ce qui est compréhensible vu l’impopularité de ce qui se passe en ce moment en Ecosse. Ses membres considèrent être à un pic de leurs chances dans les urnes. Mais ils ne sont pas assez pour fournir les deux tiers des voix nécessaires pour voter des élections anticipées.

Nous ne devrions pas les déclencher avant d’être catégoriquement sûrs que nous avons conclu un accord avec l’UE sur une extension de l’article 50. Les préparer maintenant serait jouer le jeu de Boris Johnson, ce que ni le Labour ni même le SNP ne sont vraiment enclins à faire. Sur cette base, les chances de leur tenue en novembre ou début décembre sont assez hautes.

Boris Johnson pourrait-il demander à un des pays de l’UE de s’opposer à une extension ? Des rumeurs courent sur la Hongrie…

En principe, oui. Je ne sais pas s’il réussirait, mais l’influence de Dominic Cummings [son conseiller spécial, ndlr] sur sa manière de se conduire en politique est désormais extrêmement claire. Cummings est un bachibouzouk, au sens des cavaliers mercenaires ottomans, à l’armement non conventionnel et sans discipline. Il ne respecte aucune règle. David Cameron l’avait décrit comme un «psychopathe» et je ne vois désormais rien aujourd’hui qui contredise cette vision. Mais si Cummings quittait la scène, Johnson pourrait se transformer en une tout autre forme de dirigeant.

La suite icihttps://www.liberation.fr/planete/2019/09/05/brexit-les-parlementaires-rebelles-n-ont-plus-rien-a-perdre_1749583

7.09.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.