Brexit : l’Etat, la nation et l’Union




Le projet d’Union suppose une volonté d’adhésion qui dépasse le simple acte d’adhésion. C’est sans doute l’une des clefs d’analyse de la situation de « polycrise » qui frappe l’Union elle-même. Derrière le spectre de désintégration, il y a la difficulté toujours prégnante des États membres à concevoir le principe même d’intérêt commun et à transcender leurs intérêts individuels propres.


Le retrait du Royaume-Uni s’inscrit dans une tendance lourde, celle d’un retour des nations et des nationalismes, pour lesquels l’intégration européenne incarne une menace existentielle. Or contrairement à une idée reçue, l’Union n’a pas atteint le seuil étatique. En dépit des traits originaux d’inspiration fédérale du système institutionnel et juridique de l’Union, cette organisation n’est toujours pas souveraine : elle ne dispose que des compétences librement attribuées par les traités conclus par les États conformément à leur propre constitution.

A l’inverse, l’Etat membre de l’Union demeure formellement souverain. C’est également l’un des enseignements du Brexit : tout État intégré peut librement « décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » (art. 50 TUE). Plus qu’une simple prérogative, le droit de retrait rappelle aux Etats membres et aux citoyens européens que l’appartenance à l’Union est le produit de leur décision souveraine.

La suite ici : http://egalites.blogs.liberation.fr/2020/01/29/brexit-letat-la-nation-et-lunion/

1.02.20

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.