Brexit : on a interviewé la frontière irlandaise


frontière

 

 

Utiliser cette identité permet aussi d’écrire des choses qui ne seraient pas nécessairement dites dans le contexte actuel, car ce compte est une réponse à la propagande pro-Brexit, qui cherche à dédramatiser les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. En fait, j’essaye d’expliquer que la frontière irlandaise est un problème compliqué en termes de douanes, de taxation, d’agriculture, mais aussi en termes de démographie et d’identité.

 

 


C’est une ligne invisible, longue de quelques 500 kilomètres, qui sépare l’Irlande du Nord de la République d’Irlande. Depuis 1998, il n’y a plus le moindre soldat ou poste de douane pour délimiter son parcours. Chaque jour, plus de 30 000 personnes la traversent librement. Et pourtant, la frontière irlandaise donne aujourd’hui des maux de tête à Bruxelles et à Theresa May, la première ministre britannique. Elle est même devenue l’obstacle majeur à l’aboutissement des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, censées s’achever en mars 2019.

Mais ces dernières semaines, on a aussi pu découvrir que la frontière irlandaise avait un caractère bien trempé, doublé d’une bonne dose de second degré. Car depuis février 2018, un compte Twitter lui donne la parole : @BorderIrish. Avec plus de 40 000 followers, dont des diplomates et des politiques, ce compte publie chaque jour des tweets caustiques plutôt bien sentis sur le Brexit. Si elle souhaite rester anonyme, la personne qui se cache derrière ce compte a accepté de répondre aux questions d’Usbek & Rica pour préciser ses intentions.

Pourquoi avoir créé le compte Twitter @BorderIrish, et pourquoi en février 2018 ?

@BorderIrish : À cette époque, beaucoup de gens parlaient de la frontière irlandaise mais peu d’entre eux savaient de quoi il retournait vraiment. J’accorde moi-même un intérêt tout particulier à ce sujet, j’ai mon avis sur la question. En parallèle, j’ai découvert l’existence de comptes Twitter comme celui de  Whanganui River (@WhanganuiRvr) : c’est une rivière en Nouvelle-Zélande qui s’est vue accorder en mars 2017 le même statut légal qu’un être humain, et qui parle ici en son nom propre. Ça m’a inspiré. C’était le bon moment pour m’y mettre et faire à mon tour parler un objet inanimé. J’ai donné à la frontière un ton misérabiliste, pathétique, avec l’idée que l’on fonçait dans le mur mais que personne n’écoutait. Tout ça est fait de manière spontanée, je ne réfléchis pas à mes tweets toute la journée. Quand je fais de longs threads, je ne sais pas ce qui viendra plus tard…

La suite ici : Brexit : on a interviewé la frontière irlandaise

10.11.18

Istacec

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