Brexit : pourquoi la décision britannique fut révélatrice d’une crise profonde de l’identité britannique





À défaut d’être la grande panacée promise sur les bus, le Brexit risque d’être la sage-femme facilitant l’accouchement de l’indépendance écossaise ainsi que la réunification de l’Irlande. La plus grande incertitude sera de savoir lequel des jumeaux émergera le premier. Ces deux « pays » ont voté pour rester dans l’Union européenne, contrairement à l’Angleterre et au pays de Galles. Ce seront les premiers à vouloir trancher le cordon ombilical avec Londres.



53 % des Anglais ont voté le Brexit, 60 % dans certaines régions. Un sondage début 2019 montre que 35 % des habitants de l’Angleterre se sentent plus anglais que britanniques et leur nombre ne cesse de grimper. Combien pour le contraire ? 18 % seulement, et le nombre décroît. Près de la moitié des Anglais veulent un parlement anglais, même si aucun député ou représentant ne fait campagne pour le réclamer. C’est un thème largement absent des médias.

L’Angleterre n’a pas d’hymne. Peu d’Anglais connaissent la date de la fête nationale, le jour de ce même saint George (le 23 avril). Il ne faudrait pas leur dire que ce « héros national », quintessence même du Englishness, n’est pas de souche anglaise, étant le fils d’une famille grecque orthodoxe habitant en Syrie.
Le Brexit a fait sonner le réveil du nationalisme anglais depuis longtemps mis sur le bouton « somnoler ». Ces agissements ne font qu’exacerber des velléités indépendantistes déjà plus retentissantes. L’autonomie consentie ces dernières années par Londres aux parlements écossais, gallois et en Irlande du Nord suscite déjà la polémique sur l’appel lation « pays ». Le pouvoir londonien en a donc trouvé une autre, dans l’un de ses moments les plus  abstrus : the devolved administrations (les administrations dévolues).

28.07.19

Istacec

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