Brexit : quelles conséquences pour les deux Irlande ?


Irlande

 

Depuis l’annonce de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Theresa May doit faire face à de multiples crises internes. En tête des préoccupations : la situation délicate de l’Irlande du Nord, qui a majoritairement voté contre le Brexit et dont le deuxième plus grand parti, le Sinn Féin, a annoncé vouloir organiser un référendum sur son indépendance. Une situation qui pourrait bien menacer l’équilibre trouvé dans cette région après 30 années de guerre civile.

 

 


L’accord du Vendredi saint, ou « Good Friday », signé par le Premier ministre britannique Tony Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern, ainsi que les leaders des principaux partis unionistes et nationalistes le 10 avril 1998, met un terme à 30 années de conflit, qui a entrainé près de 3 500 morts. Ce processus de paix a notamment été rendu possible par une coopération « intense et permanente entre Londres et Dublin« , explique Philippe Cauvet, professeur d’études irlandaises et britanniques à l’université de Poitiers. « C’est notamment l’appartenance commune des deux Etats à l’Union européenne depuis 1973 qui a joué un rôle important« .

L’accord du Vendredi saint prévoit le désarmement de l’IRA, l’abolition de la revendication territoriale de la République d’Irlande sur l’Irlande du Nord, ou encore la reconnaissance du droit pour chacun en Irlande du Nord de s’identifier et d’être accepté en tant qu’Irlandais, ou Britannique, ou les deux. A l’instar des « démocraties consociatives », ce traité a également permis à l’Irlande du Nord de s’auto-administrer en élisant un gouvernement dirigé par un Premier ministre, et une Assemblée composée à la fois de nationalistes et d’unionistes.

En juin 2016, 51,9% des Britanniques font le choix de quitter l’UE, déclenchant ainsi le processus du Brexit, alors que 55,9% des Nord-Irlandais votent contre.

Selon Philippe Cauvert, « chez les nationalistes, notamment chez les modérés du SDLP, le Parti social-démocrate et travailliste, l’Europe est vue comme un changement majeur, notamment parce qu’elle a apporté une meilleure protection de leurs droits fondamentaux(…). Elle a aussi consacré l’ouverture de la frontière avec la République d’Irlande, donc une forme de rapprochement avec Dublin« . En revanche, chez les unionistes les plus modérés, l’adhésion à l’UE serait motivée d’abord « par un pragmatisme plus que par une véritable conviction pro-européenne« .

Les unionistes plus radicaux, quant à eux, ont fait campagne pour le « leave » en 2016, assimilant le processus d’intégration européenne à « une dilution du lien avec Londres« .

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28.01.19

Istacec

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