Cash Less Society : comment préserver la vie privée dans une société sans argent liquide ?




Les innovations dans le secteur des moyens de paiements contribuent à réduire inexorablement la part de l’argent liquide, au point que certains annoncent l’avènement d’une société « cashless » (c’est-à-dire sans argent liquide). La fin du cash soulève toutefois des questions majeures en termes de droits fondamentaux, de respect de la vie privée et d’inclusion sociale.


La crise sanitaire du coronavirus accélère l’usage des paiements digitaux au détriment des pièces et des billets perçus comme un possible vecteur de transmission du virus. Cette transition vers une société sans argent liquide était déjà engagée depuis plusieurs années. Les innovations légales et technologiques dans le secteur des moyens de paiement favorisent la réduction de l’usage des monnaies fiduciaires dans les transactions.

L’essor du paiement sans contact, le développement des systèmes de paiement sur mobile (Apple Pay, Google Pay), les applications de transfert d’argent de pair à pair (Lydia, Pumpkin) et l’émergence de monnaies virtuelles ont réduit la part des paiements liquides dans les paiements en face à face.  Les paiements scripturaux représentent 72% des paiements (en valeur) en France. Si le paiement par mobile progresse, il reste marginal et représente moins de 1% des paiements au point de vente en 2019 selon la Banque de France.

Plusieurs économies nationales sont déjà converties au CashLess. En Suède ou en Chine, tous les paiements ou presque s’effectuent par carte ou via le téléphone mobile au point que les SDF affichent un QR Code ou un identifiant Swish sur une pancarte pour recevoir des dons. Cette dernière application Swish, introduite en 2012 par six banques scandinaves, est aujourd’hui utilisée par plus de 50% de la population pour régler les petites transactions.

La suppression de l’argent liquide soulève des enjeux d’inclusion sociale. Elle oblige les individus à se doter de comptes et de cartes bancaires qui sont loin d’être gratuits. Plusieurs villes américaines (New York, Washington DC, Philadelphie, Rhode Island, Chicago, San Francisco, etc.) ont adopté (ou envisagent de le faire) des ordonnances imposant les restaurants et les commerces de détail à accepter le paiement en liquide. Ces mesures visent à préserver les libertés individuelles et lutter contre les discriminations, alors que 10 à 30% des habitants, majoritairement des populations pauvres noires ou hispaniques, n’ont pas de comptes bancaires ou sont sous-bancarisés. A New York, la majorité des 12% de personnes non bancarisées et des 25% sous bancarisées sont des personnes de couleur. Près de 17% des new-yorkais noirs et 14% des new-yorkais latinos ne sont pas bancarisés contre seulement 3% des new-yorkais blancs. « Nous doutons que les entreprises sans espèces cherchent délibérément à exclure certains clients. Cependant, en se passant d’argent liquide, une entreprise dit en gros : « Si vous avez un faible revenu et que vous n’avez pas de compte bancaire ou de carte de crédit, alors nous ne voulons pas de votre argent ».

La suite ici : https://linc.cnil.fr/fr/cash-less-society-comment-preserver-la-vie-privee-dans-une-societe-sans-argent-liquide

27.06.20

Istacec

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