Catalogne, crise de l’autonomie


crise de l'autonomie

Rousseau a précisément inventé l’autonomie pour que l’on ne confonde plus la liberté avec ce genre d’indépendance qui mène toujours à la concurrence, et parfois à la guerre.


La situation en Catalogne provoque une perplexité assez générale. Il suffit d’écouter l’une des parties en présence pour se ranger aux arguments de l’autre. Le déchaînement des passions identitaires plaide en faveur de la préservation de l’unité espagnole, mais la brutalité du gouvernement central provoque de la sympathie pour la cause indépendantiste. On n’est pas plus avancé lorsque l’on regarde du côté de l’histoire. Le destin, généralement autoritaire, des mouvements séparatistes fait douter de l’avenir de la « Catalogne libre ». En revanche, la mémoire du franquisme rend suspect le maintien de l’unité nationale coûte que coûte. Notre côté démocrate estime que l’avenir de la Catalogne est lié au peuple espagnol tout entier. Nos penchants républicains soutiennent un régionalisme qui a le mérite de vouloir rompre avec la monarchie.

La situation en Catalogne rappelle ce qu’il y a d’abyssal dans « l’acte par lequel un peuple est un peuple ». En invoquant seulement la nation, le gouvernement espagnol oublie qu’il n’y a pas de peuple sans la volonté des citoyens de n’obéir qu’aux lois qu’ils se sont prescrites à eux-mêmes. En se réclamant d’une culture ou d’une langue déjà là, les indépendantistes catalans pensent de la même manière : ils méconnaissent qu’un peuple n’est qu’une ethnie aussi longtemps qu’il ne repose pas sur une décision libre. Si une solution pacifique existe, elle passe par un processus institutionnel qui engage tous les Espagnols.


La suite ici : Catalogne, crise de l’autonomie – Libération

14.11.17

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.