«C’était mieux avant», carburant des populismes


avant

 

En politique aussi, la nostalgie fait recette, mobilisant les générations les plus âgées comme les plus jeunes. Des Brexiters anglais aux rodomontades de Bolsonaro, le passé ferait-il moins peur que l’avenir ?

 

 


Vingt ans d’ordre et de progrès.» Voilà comment le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, aime à résumer la dictature qui dirigea le plus grand Etat d’Amérique latine de 1964 à 1985. Pourtant, le régime militaire a emprisonné, tué et censuré la population. Si cet attrait pour les années de plomb a de quoi surprendre plus de trente ans après la chute de la junte, elle ne fait que confirmer une nouvelle donnée de l’essor des droites dures : toutes surfent sur la vague de nostalgie qui traverse la société pour remporter des victoires électorales, quitte à célébrer des époques sanglantes.

En Turquie, Recep Tayyip Erdogan remet au goût du jour l’Empire ottoman ; aux Etats-Unis, Donald Trump exalte l’Amérique prospère des années 20 avec son slogan «Make America Great Again» ; en Russie, où le culte du soviétisme est encouragé depuis le Kremlin, jamais les tentatives pour restaurer l’influence de Moscou sur ses anciens satellites de l’URSS n’ont été aussi visibles, de la reconquête de la Crimée aux efforts diplomatiques pour créer l’Union eurasienne. En Europe, presque aucun pays n’est exempt de cette remontée dans le temps. Viktor Orbán en appelle à la «Grande Hongrie», d’avant la Première Guerre mondiale ; l’AfD en Allemagne voudrait revenir à une Europe d’avant Schengen, quand en Angleterre les fervents partisans du «leave» perçoivent le marché commun comme un cadre trop étriqué pour leurs ambitions mondiales. Les priorités doivent aller, selon eux, à la consolidation des relations avec les Etats-Unis et au maintien des liens postcoloniaux hérités du Commonwealth. Plus étonnant encore, pour les cent ans de la naissance de Ceausescu en Roumanie, des nostalgiques portent l’ancien dictateur en icône d’un glorieux passé.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2018/11/27/c-etait-mieux-avant-carburant-des-populismes_1694610

5.12.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.