Chacun chez soi, chacun pour soi



 

 


Le déconfinement, ce n’est pas la fin du confinement, c’est le début d’un autre confinement. C’est celui de la vie sans contact. Or, cette vie-là, c’est la fin de proximité, c’est la mort des arts vivants, de toute la culture qui n’est pas consommable individuellement, c’est la fin de la convivialité. C’est une société d’individus atomisés et ultra-contrôlés.

 


Le déconfinement franchit une étape importante aujourd’hui. Une étape qui intervient à un moment ou le confinement lui-même commence à ne plus être accepté. Des manifestations ont eu lieu en Allemagne et quelques personnes se sont réunies à Anvers.Source : Chacun chez soi, chacun pour soi

Ces manifestations en Allemagne ne sont pas anecdotiques. Non seulement parce qu’elles ont réuni plusieurs milliers de personnes à Berlin ou à Munich, mais parce qu’elles disent quelque chose du conflit de valeurs devant lequel nous place le Covid 19.

D’un côté, surtout en Allemagne, mais c’est vrai dans la plupart des pays d’Europe l’Etat légitime son action par le recours à la valeur suprême c’est la dignité de vie humaine, chaque vie mérite d’être sauvée, y compris les plus fragiles. C’est une valeur suprême, que l’Etat a le devoir de faire respecter. Quitte à diminuer des valeurs secondaires, la liberté de circulation et d’entreprendre. C’est le règne du chacun chez soi.

En face, chez les manifestants une philosophie plus libertarienne. La valeur dominante c’est la propriété de soi. Chacun est responsable de son corps, et rien que du sien. L’état n’a comme devoir que de faire respecter cette liberté. C’est le règne du chacun pour soi.

Si on reste chacun chez soi, c’est justement donc parce que nous refusons le chacun pour soi.

La suite ici : https://www.rtbf.be/info/dossier/chroniques/detail_chacun-chez-soi-chacun-pour-soi-bertand-henne?id=10499385

12.05.20

Istacec

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