Chacun pour soi, UE pour tous ?




Après la Grèce en 2008, l’Italie sert de victime expiatoire aux tenants européens de l’austérité budgétaire. Et les fractures entre nord et sud se creusent au sein de l’UE


Ainsi, les masques sont tombés. Bien sûr, il y avait eu en Europe la gestion douloureuse du krach boursier et financier de 2008-2010. Tandis que les États-membres de l’UE étaient occupés à sauver leurs banques, la Commission avait débloqué des fonds pour venir en aide aux pays les plus démunis, Portugal, Italie, Grèce et Espagne, ceux-là même qu’on avait rebaptisés «PIGS» ou «Club Med».

Puis vint Covid-19. Il ne s’agit pas là d’une crise bancaire mais d’une pandémie qui frappe tout le monde, certes, à des degrés divers, mais en quelques jours seulement, de l’Italie à l’Allemagne en passant par la France, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne, tous les États-membres furent touchés et furent confrontés aux mêmes maux. Face à une épidémie mondiale, la réponse, à défaut d’être internationale, se devait au moins d’être européenne. L’UE, en panne malgré le volontarisme de sa nouvelle cheffe Ursula von der Leyen, n’avait-elle pas avec le Covid-19 une occasion unique de prouver sa légitimité en activant la BEI (Banque européenne d’investissement) et la BCE (Banque centrale européenne), en déclenchant ses plans de crise, tels le Fonds de solidarité contre les grandes catastrophes et son impressionnant arsenal d’instruments ad hoc tels le MES et ses 540 milliards d’euros? Tout cet argent dormant qui ne demande qu’à être utilisé?

Las. L’Union européenne, c’est là son péché politique originel, ne peut rien sans l’aval unanime des 27 chefs d’État. Au début de la crise pandémique, la présidente de la Commission, constatant son impossibilité d’agir sans mission du Conseil européen, lui demanda de s’emparer en urgence du dossier «Covid».

La suite ici : http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/04/25/chacun-pour-soi-ue-pour-tous/

30.04.20

Istacec

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