Chili : de l’amour et de la rage






Ce qui arrive dans le pays n’a rien de neuf, la blessure qu’on croyait en phase de guérison est à nouveau à vif, comme s’il ne s’était jamais débarrassé de l’ombre de la dictature. Une jeune Chilienne témoigne.





Je suis née en 1990, à Santiago. Ma mère garde encore un magazine de l’époque, montrant le sourire de Patricio Aylwin, premier président élu démocratiquement après la terrible dictature d’Augusto Pinochet. Enfant de la classe privilégiée de ma ville, je n’avais pas conscience de tout cela. La vie politique du Chili me semblait loin, sauf peut-être quand je tombais sur la statue de Pinochet dans la maison d’un camarade.

A l’université, l’histoire du pays m’a sauté au visage : 3 200 morts, 38 000 torturés et qui sait combien de disparus (1). J’ai participé aux mouvements étudiants, j’ai vu les grands accords nationaux signés par la gauche et la droite pour améliorer l’éducation et j’ai lu les mots qui se glissaient entre les lignes : le Chili ne donne pas de droits car la Constitution de Pinochet, encore valide, contraint au lieu de libérer. J’ai vu défiler les ministres, généraux et maires qui régnaient déjà sous le sanglant dictateur. J’ai vu les militaires montrer leur arsenal année après année. Et j’ai vu la peur dans les yeux de mes proches lorsque je me suis engagée dans des activités politiques.

L’eau est privée au Chili, tout comme l’éducation, la santé, les retraites, les transports, les prisons et une longue liste de «services de l’Etat». Ce qui arrive dans mon pays n’a rien de neuf. La démocratie établie au Chili était faible et inégalitaire à l’extrême. Les blessures et les divisions subsistaient dans ce pays, où la moitié de la population gagne moins de 500 euros par mois pendant que les 0,01 % les plus riches reçoivent 716 620 euros (2).

La suite ici  :https://www.liberation.fr/debats/2019/10/29/chili-de-l-amour-et-de-la-rage_1760437?refresh=219199

1.11.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.