Climat: de la science à la politique



En s’appuyant sur des modélisations, le GIEC présente un constat des évolutions récentes et, surtout, des projections pour les décennies à venir en fonction de quatre scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. L’hypothèse la plus pessimiste — pas de véritable effort de réduction — prédit d’ici à 2100 des températures supérieures d’environ 4 °C à l’échelle du globe et d’environ 6 °C sur les terres émergées ; autant dire le chaos. Même les scénarios médians ne peuvent garantir une stabilisation à moyen terme. Seule l’hypothèse optimiste permettrait de contenir la hausse de température globale au-dessous de 2 °C, un seuil à ne pas dépasser et, préférablement, à ne jamais atteindre (lire « Deux degrés de plus, deux degrés de trop »). Au-delà, on ne peut écarter un emballement, avec une déglaciation rapide du Groenland, une modification de la circulation océanique profonde et un dégel du pergélisol dans les terres boréales, entraînant la libération massive de CO2.

Mais l’hypothèse optimiste suppose que l’on réduise sans tarder les émissions et les ramène à néant en deux ou trois générations. Officiellement, tous les Etats partagent cet impératif depuis le Sommet de la Terre de Rio, en 1992, et l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Pourtant, depuis cette ode mondiale à la sauvegarde de la planète, la situation n’a cessé de s’aggraver. En 2013, le total des rejets de CO2 dépassait 35,3 milliards de tonnes, contre 23 milliards de tonnes en 1990 (3). Entre 1980 et 2011, le « forçage anthropique » (la part du réchauffement liée aux activités humaines) a doublé avec l’émergence de nouveaux pays industrialisés et l’augmentation de la population.

La suite ici : Climat : de la science à la politique, par Philippe Descamps (Le Monde diplomatique, novembre 2015)

Istacec

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