Climat. « Le local ne peut plus s’abriter derrière l’international pour ne rien faire »






Les procès climatiques – contre l’inaction d’un État face à la crise écologoqique ou les effets nocifs de l’activité d’une entreprise – permettent de concrétiser dans l’arène judiciaire les revendications exprimées lors de mobilisations citoyennes. Judith Rochfeld analyse les enjeux majeurs  : les rôles, les reponsabilités et les limites des actions des États et des entreprises face au réchauffement climatique, la défense de l’environnement pour notre usage, l’articulation entre préoccupation mondiale et juridictions locales






Le procès Urgenda  (aux pays-Bas) représente une victoire importante.En s’appuyant sur l’Accord de Paris, qui définit des engagements mais ne se charge pas de les faire appliquer, ainsi que sur les textes nationaux néerlandais, cette fondation associée à 886 citoyens a réussi à imposer au Pays-Bas un objectif d’une baisse de 25 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, contre les 20 % prévus initialement. En France, l’« Affaire du siècle » – l’assignation en justice de l’État français pour inaction face aux changement climatique par quatre ONG, la Fondation pour la nature et l’homme, Greenpeace France, Notre affaire à tous et Oxfam France – espère le même succès.

La crise écologique étant le problème de toute l’humanité, nous concluons logiquement qu’elle doit être gérée au niveau global. Dans votre livre, vous décrivez une dynamique différente venant du local. Quel est le rôle de ces procès nationaux dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Judith Rochfeld : Tout d’abord, il faut dire qu’il n’existe pas de juridiction internationale qui aurait pour compétence la protection de l’environnement, du climat ou de la biodiversité. Il est impossible d’agir pour faire exécuter les conventions internationales sur ces questions à un niveau global. Nous avons néanmoins construit de façon intuitive ces questions comme des « préoccupations de l’humanité », élevées à une échelle internationale et renvoyées à une gouvernance internationale. Aujourd’hui, nous faisons le constat que celle-ci n’a pas été pleinement efficace (1). Aucun pays n’est disposé à renoncer à sa croissance pour poursuivre un objectif international. Cette idée qu’une communauté internationale – que l’on peut mettre en parallèle avec la « communauté du risque » tel que le sociologue allemand Ulrich Beck l’avait théorisée – qui, prenant conscience du même danger et saisie par le même risque, aurait gouverné ensemble, ne s’est pas concrétisée.

La suite ici : https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/écologie-entretien/«-le-local-ne-peut-plus-s’abriter-derrière-l’international-pour-ne-rien-faire-»

Istacec

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