Colette Braeckman.  Le sort du Congo s’est joué en 1959



 

 

 


Partageant sa vie et son enseignement entre Kinshasa et Tervuren, Jean Omasombo, auteur d’une remarquable biographie de Patrice Lumumba a eu accès à des archives inédites, enfin déclassifiées, et il s’est attaché à reconstituer les derniers mois ayant précédé l’indépendance du Congo. C’est alors que, loin de l’improvisation souvent invoquée, s’est jouée la partie décisive entre Belges et Congolais.

 

 


Après 80 ans de présente coloniale, les Belges, à la veille de l’indépendance, connaissaient ils réellement le Congo ?

La propagande coloniale, très présente, voilait le vécu réel des Congolais…La version officielle, qui s’est imposée jusqu’aujourd’hui, c’est qu’il y avait là un pays qui fonctionnait et qui, soudain, a basculé dans le chaos le 30 juin 1960. La période antérieure, c’est à dire les mois qui précédèrent l’indépendance, est restée peu connue, alors que c’est là que tout s’est joué. Bien avant le discours de Patrice Lumumba le 30 juin 1960.

Les seuls qui avaient compris et mis Bruxelles en garde, c’étaient les trois gouverneurs qui avaient précédé le dernier, Cornélis : Pierre Ryckmans, Jungers, Pétillon. De par leurs fonctions, ils avaient fait des tournées dans les provinces, lu les rapports de la Sûreté coloniale. Dans son discours d’adieu prononcé en 1946, Pierre Ryckmans dit déjà « le temps du colonialisme est révolu, il faut autre chose ».

En face des gouverneurs, il y avait les coloniaux. Eux, ils savaient, mais, comme ils profitaient de la situation, ils ne voulaient rien changer. Ils préféraient donc nier, compter sur la Force publique. Quant à la presse belge elle ne pouvait pas voyager au Congo comme elle l’entendait et ceux qui y allaient ne voyaient qu’un aspect des choses.

C’est ainsi qu’on a retenu le voyage royal de 1955, présenté comme un succès et minutieusement préparé. Mais il y en eut un autre, plus décisif, en 1959, où le roi Baudouin fut hué. De ce voyage là, politiquement délicat, la presse ne fut informée qu’au moment où le roi était déjà dans l’avion…

Outre les gouverneurs, qui a vu clair et prévenu Bruxelles?

Un homme, venu de Belgique, avait tout compris : Van Hemelrijck, le ministre des Colonies, mais il fut insulté et obligé de démissionner. Rappelons qu’après avoir réglé en Belgique la question scolaire, Van Hemelrijk, un social chrétien, débarque dans un Congo qu’il ne connaît pas. Auparavant, en 1956, le professeur van Bilsen avait publié un rapport dans lequel figurait le mot tabou « indépendance », qu’il prévoyait dans un délai de trente ans.
Les Belges réagirent en disant que c’était impossible, puisqu’il n’y avait pas d’élites, pas assez d’écoles…

La suite ici :Le sort du Congo s’est joué en 1959

30.06.20

Photo of a map of Democratic Republic of the Congo and the capital Kinshasa .
Istacec

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