Comment l’agrochimie détruit la biodiversité et manipule la science







Dans son livre Et le monde devint silencieux, publié au Seuil le 29 août, le journaliste Stéphane Foucart décortique les manœuvres de l’industrie agroalimentaire pour empêcher, depuis trente ans, toute régulation de ses pesticides dits « systémiques ». Un récit rigoureux et accablant, alors que la responsabilité de ces produits dans la destruction fulgurante des insectes n’est plus à démontrer.





Au-delà des simples corrélations entre le recours aux néonics et l’effondrement soudain des populations d’abeilles ou de papillons dans les zones correspondantes, le livre liste les nombreuses études montrant l’impact potentiellement mortel de ces pesticides sur les insectes. Qu’il s’agisse, pour certains insectes, de niveaux d’exposition à des doses létales mesurés dans des champs, ou bien d’une exposition chronique à des doses infimes mais capables de tuer une abeille en à peine huit jours.

« Il faut quelques milliardièmes de grammes d’imidaclopride pour tuer instantanément une butineuse, mais le même résultat est obtenu avec seulement quelques picogrammes (millièmes de milliardième de gramme) administrés chaque jour pendant à peine plus d’une semaine ! », explique le journaliste. Or, pour la seule année 2010, 20 000 tonnes d’imidaclopride ont été utilisées dans le monde. Sans parler des autres « néonics ».

Particulièrement nocifs, ces pesticides systémiques sont aussi plus susceptibles d’entrer en contact avec les insectes. Contrairement à d’autres produits qui restent sur la feuille pulvérisée, les systémiques se répandent dans toute la plante, des racines à la fleur, jusqu’au pollen et au nectar. Ils sont également extrêmement persistants dans l’environnement, jusqu’à plusieurs mois. Et les méthodes d’application, notamment celle très répandue consistant à enrober les graines de pesticides avant de les semer, favorisent la dispersion des pesticides dans l’environnement. Terres, cours d’eau, fleurs sauvages, cultures biologiques… Les produits toxiques pour les invertébrés se retrouvent ainsi absolument partout.

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2.09.19

Istacec

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