Comment les bleus pétrolent


les bleus

 

 

Le MR, à défaut d’être capable de se doter d’une doctrine (ce qui n’a plus été son fort depuis le XIXe siècle) ni même de rester fidèle à quelques principes directeurs libéraux (notamment au libéralisme politique), a pris le parti de mimer les modes d’action et les registres langagiers de la N-VA, pour tenter de rejoindre la grande famille européenne de la droite conservatrice décomplexée. Le temps du libéralisme social et la fin du clivage gauche droite, quand le pouvoir se conquérait au centre, paraît aussi vieux que Michel père.

 

 


Tout avait bien commencé. On avait tout raflé, y compris le strapontin de Premier, il y avait de quoi être triomphaliste. L’attelage fédéral galopait bon train. On aurait de quoi renvoyer l’ascenseur à l’électeur. Le partenaire N-VA était certes remuant, mais il suffisait d’admonester gentiment quelque second couteau pour garder le leadeurship.

Progressivement, les choses se sont compliquées pour le MR. Certes, grâce à un calcul insensé du copain Lutgen [1], le parti libéral s’est retrouvé aux manettes également en Wallonie, une réelle aubaine. Mais dans le même temps, le parti indépendantiste flamand continuait à ébranler les bases, comme souvent faibles, de l’attelage fédéral.

Bien sûr la N-VA a l’intelligence de ne pas étriller son partenaire libéral francophone et de limiter au service minimum les saillies antiwallonnes dont elle s’était fait une spécialité. Mais pour préparer les prochaines échéances électorales, De Wever a besoin de se nourrir du conflit, et son équipe de désigner des cibles. De fait, ils ne se gênent pas pour tilter sur nombre d’autres sujets sensibles que l’assistanat wallon, à commencer par la problématique migratoire, obligeant même parfois Michel fils à prendre publiquement, mais avec des pincettes, les distances de rigueur.

En cette fin de printemps, avec la mort de la petite Mawda, affaire qui ne se laissera pas facilement réduire à une bavure policière, avec le doigt de la Cour européenne des droits de l’homme pointant l’enfermement des mineurs étrangers, avec une croissance qui reprend, mais moins que dans bien d’autres pays européens, avec un budget qui s’annonce douloureux (comme l’avait prophétisé l’opposition), le MR fait monter au front son armée de réserve de mandataires et d’intellectuels organiques. Ils étaient jusqu’ici maintenus dans le rôle de francs-tireurs, les voici promus en garde prétorienne. Les renforts accourent des quatre points cardinaux, et notamment du Centre Jean Gol dont on se demande s’il est un centre d’études ou un label visant à légitimer ceux que l’on charge de monter au créneau pour défendre l’attelage fédéral (Richard Miller, Corentin de Salle, Georges-Louis Bouchez, etc.).

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18.08.18

Istacec

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