Comment les patrons surpayés sont devenus des héros des temps modernes aux Etats-Unis


patrons

 

Ils n’ont jamais été aussi riches, et leurs compensations n’ont fait que progresser : les PDG américains sont au coeur de la dérive du capitalisme. Comment en sont-ils venus à exercer sur ce pays une telle influence, non seulement économique mais politique ? Comment cette domination s’est-elle étendu au reste du monde ?

 

 


Le constat, d’abord : les PDG américains sont plus riches que jamais et l’écart avec les salariés lambda, plus important qu’à aucun autre moment de l’histoire. Les chiffres, connus, sont tellement énormes qu’ils méritent d’être rappelés : sur la période 1978-2016, la compensation des PDG, attributions d’actions comprises, a connu une hausse en dollars constants de 937%, c’est-à-dire qu’elle a presque été multipliée par 10 et a progressé 70 fois plus vite que celle des salariés (+11% sur la même période).

Selon l’Economic Policy Institute, le ratio salarié/PDG était de 1 à 30 en 1978, il est passé à 1 à 270 en 2016. Cet écart s’est encore accentué depuis, grâce au boom de la Bourse : en 2017, le PDG moyen des 350 plus grandes firmes a vu sa compensation progresser de 17,6%, frôlant 19 millions de dollars, tandis que la paie des salariés faisait du surplace (+0,3%).

Mondialisation aidant, cette dérive a gagné le reste du monde et attisé la gourmandise d’un Carlos Ghosn. Même si l’écart est moins important en Europe qu’aux Etats-Unis, le mouvement va dans la même direction, celle d’une inégalité toujours plus importante entre les PDG et leurs troupes. Et celle-ci est d’autant plus choquante qu’elle est très mal corrélée à la performance des entreprises. La raison ? Les PDG ont le plus souvent affaire à des conseils d’administration dociles et des actionnaires complices.

Après la débâcle de 2008, la SEC (gendarme de la Bourse) a pourtant généralisé une règle « say on pay » (« avoir son mot à dire sur la paie » des PDG), qui permet aux actionnaires de voter sur la rémunération des dirigeants. Mais selon une étude récente portant sur les 3.000 plus grandes sociétés cotées, les actionnaires ont approuvé dans 97,4% des cas les plans de compensation des dirigeants…

La suite ici  :  Comment les patrons surpayés sont devenus des héros des temps modernes aux Etats-Unis

22.11.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.