Comment relever un leadership européen défaillant


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 L’UE pourrait bien, si elle perd sa pertinence pour les opinions publiques, rejoindre le cimetière des empires disparus et des tentatives d’union avortées. A la différence des Etats, souverains par nature, l’UE se doit en effet d’apporter en permanence la preuve de son utilité.

 


Certes, entendons-nous bien : l’UE se survivra probablement longtemps encore comme bureaucratie. Les bureaucraties résistent en effet bien à leur perte de sens et d’efficacité. Simplement, l’UE tiendra lieu d’une forme de Nations unies d’Europe, soit un cadre de coopération sur base de l’unanimité et avec une solidarité réduite à la portion congrue. Une Otan renforcée assurera sa sécurité, aux conditions fixées par Washington.

Ce qui fonde cette soudaine interrogation sur la viabilité de l’UE, c’est l’incapacité inquiétante des 27 à relever le véritable défi du Brexit, à savoir compenser en approfondissement ce qui est perdu en poids et en dimension, avec le départ de la Grande-Bretagne.

Maltraités par Trump, les Européens s’engagent à accroître leur effort de défense dans l’Otan au lieu de le fédéraliser, faisant ainsi le choix implicite de la vassalisation. Le sauvetage de la COPS 21 passe au second plan alors que le climat est de plus en plus l’urgence primordiale. Qui enfin peut dire ce que sera le Brexit dans ces conditions entre une Angleterre divisée et impuissante et une E-27 crispée sur le statu quo ? L’UE pourrait être en définitive la vraie victime du Brexit. En partant, l’Angleterre aurait joué les commandos-suicide de l’UE.

Mais qu’est-ce donc qui paralyse ainsi l’Europe ?

On voit bien dorénavant que ce n’est pas seulement Londres qui freinait l’Europe. Le flottement de l’axe franco-allemand, la pagaille italienne, le nationalisme obsolète de Visegrad, les comportements de passager clandestin dans le domaine-clé de la fiscalité de l’Irlande, du Luxembourg et des Pays-Bas, les illusions pacifistes et neutralistes dans plusieurs pays, tout cela nourrit une aboulie européenne sans précédent. Seule exception, Macron qui, au moins sur ce plan-là, ne se trompe pas : il a osé avancer des idées, même modestes.

La Belgique quant à elle s’interroge. L’Europe figée dans l’inertie n’est plus manœuvrable : la question lancinante des réfugiés se fait cancer avec le sécuritaire qui nourrit populisme et nationalisme. Autres sources d’euroscepticisme : la croissance plafonne, les inégalités se creusent insidieusement et la convergence entre Etats marque le pas.

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18.08.18

Istacec

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