Comment un éléphant est devenu le nouveau symbole des inégalités



 

 



 

Les années 2010 auront été dominées par la “courbe éléphant”, qui s’affiche ces jours-ci en couverture de Inégalités mondiales. Le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l’égalité des chances, de l’économiste serbo-américain Branko Milanovic. Derrière la “courbe éléphant”  qui orne la couverture de la traduction française de son dernier livre, se cachent peut-être Trump, Brexit et “gilets jaunes”.

 

 

 

En 2013, ce dernier, alors chercheur pour la Banque mondiale, rédige pour l’institution, avec son collègue Christoph Lakner, une note sur l’évolution des revenus à l’échelle mondiale entre la veille de la chute du mur de Berlin et la crise financière de 2008, cette période de “mondialisation intense”. Un document austère mais dont une courbe suscite la curiosité des confrères, comme Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008 et chroniqueur très suivi du New York Times, qui y voit “l’histoire récente résumée en un graphique”. Au point qu’elle trouve très vite un surnom, repris par son auteur dans ses recherches ultérieures : la “courbe éléphant”.

On y voit, sur vingt ans, la hausse en pourcentage des revenus de sept milliards d’êtres humains selon leur position dans la hiérarchie économique. Les 50 % d’humains les plus pauvres, qui partaient de bas, ont vu leurs revenus augmenter fortement, jusqu’à quasiment doubler pour certains : c’est le corps dodu de l’éléphant, qui comprend notamment les nouvelles classes moyennes en Chine et en Inde. Les 5% les plus riches du monde n’ont pas eu à se plaindre non plus : ils forment la trompe du pachyderme, qui s’élève très haut puisque les milliardaires ont vu leur part du revenu mondial exploser (à tel point que pour certains, l’éléphant, vu de plus près, ressemble même davantage à un brontosaure). En revanche, la tête, baissée, de l’éléphant est moins bien lotie : elle correspond à ceux qui sont plus riches que 80% de l’humanité mais pas au point de faire partie des 5% à 10% les plus riches, et qui ont vu leurs revenus quasiment stagner pendant vingt ans. C’est à dire, en gros, les classes moyennes et populaires des pays riches.

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25.02.19

Istacec

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