Dix ans après le crash, la compétition fiscale menace l’économie mondiale et la démocratie


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L’impôt n’est pas seulement le prix que nous payons pour une société civilisée, et la contrepartie demandée au secteur privé pour des infrastructures publiques et une main-d’œuvre de qualité. C’est aussi une soupape de sécurité essentielle permettant aux gouvernements démocratiques de faire face à ces pouvoirs non élus que sont les multinationales, dont certaines pèsent désormais plus lourd que certaines économies du G20.

 


En offrant de substantielles réductions fiscales pour attirer les entreprises multinationales, les grands Etats s’affrontent dans une dangereuse compétition qui pourrait bien déboucher sur une nouvelle crise mondiale de grande ampleur. Cette course au moins-disant menace aujourd’hui d’avoir des conséquences aussi redoutables que celles de la crise financière.

La tendance mondiale est inquiétante. Aux Etats-Unis, Donald Trump a réduit les taux d’intérêt sur les sociétés de 35 à 21 %, entraînant des rachats d’actions record et des primes aux chefs d’entreprise au détriment de la croissance des salaires pour le reste de la main-d’œuvre. Le Canada, qui a réduit les taux d’imposition des sociétés à un rythme similaire entre 2000 et 2011, subit de nouvelles pressions pour les faire baisser davantage. Le Royaume-Uni est sur le point d’abaisser d’un point son impôt sur les sociétés, pourtant déjà le plus faible du G7, le groupe des sept pays les plus industrialisés. L’Union européenne abrite d’ailleurs une poignée de pays qui mériteraient la qualification de paradis fiscaux, tels l’Irlande, les Pays-Bas ou le Luxembourg.

Il est urgent de mettre fin à cette compétition, comme nous le pensons au sein de la Commission indépendante pour la réforme de la taxation internationale des entreprises (ICRICT), un groupe de personnalités issues de gouvernements, de milieux académiques et de la société civile.

La course au nivellement par le bas de l’impôt sur les sociétés prive les gouvernements non seulement de revenus, mais aussi de l’un des outils politiques les plus puissants pour réduire les inégalités. L’économiste Gabriel Zucman – également membre de l’ICRICT – et ses collègues ont récemment montré que 40 % des profits des multinationales, soit 600 milliards de dollars, sont transférés chaque année dans des paradis fiscaux.

La suite ici :http://plus.lesoir.be/177983/article/2018-09-12/dix-ans-apres-le-crash-la-competition-fiscale-menace-leconomie-mondiale-et-la

13.09.18

 

 

 

 

Istacec

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