Congo : les fantômes du roi Philippe



 


Historique. Le mot est tellement galvaudé, qu’on évite de l’utiliser. Pourtant aujourd’hui on peut. Jamais un tel geste n’a été posé par le chef de l’Etat, et en passant le chef de la maison royale. Léopold 3 par exemple avait déjà en son temps dénoncé certains aspects de la colonisation, mais jamais de manière aussi nette. C’est une reconnaissance, inédite à ce niveau, des conséquences de l’entreprise coloniale. La lettre du 30 juin envoyée au chef de l’Etat congolais est très courte mais symboliquement déterminante.

 


Philippe parle de regrets, et non d’excuses. Les regrets c’est un sentiment, une émotion négative concernant des actes passés. C’est le premier niveau de reconnaissance. Il n’y a évidemment pas de règles écrites en matière de repentance publique mais on considère que les excuses ou la demande de pardon sont un degré supplémentaire de reconnaissance. Puisqu’en plus de faire part d’une émotion, l’Etat montre alors une repentance, une responsabilité, voire une culpabilité, qui selon certains juristes peut ouvrir la voie à des réparations.

Derrière la sémantique, il y a surtout le symbole. En 95 Jacques Chirac reconnaît enfin la responsabilité de la France dans la déportation et l’extermination de juifs durant la seconde guerre mondiale. Il ne prononce pas le mot « excuses » ou « pardon ». Il parle de « regrets ». Ils sont profonds, sincères et il qualifie les faits établis. Le rôle de l’Etat Français qui a secondé les Nazis.

Par contre, Guy Verhofstadt, avait clairement demandé pardon au Rwandais pour les fautes commises par la Belgique dans le déclenchement du génocide.

Il ne faut pas nécessairement demander pardon pour reconnaître une responsabilité historique. Et c’est ce qui est en jeu ici. Les mots violence, cruauté, souffrance et humiliation sont enfin associés au plus haut niveau de l’Etat à ceux d’Etat indépendant du Congo, et de colonisation.

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1.07.20

Istacec

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