Coronavirus : « bien commun » et profits




Et malgré tout, on n’en finit pas de s’étonner. Depuis hier, un hôpital public — le CHU Saint Pierre à Bruxelles — a lancé un appel aux dons pour acquérir des respirateurs manquants. Dans une société qui accumule les richesses autant que les inégalités, dans un système qui détient le record de la fraude fiscale et des exonérations de cotisations patronales, un service public en appelle à la charité…


Le propre des crises — et sans doute leur fonction — est d’éclairer la société bien au-delà de leur objet immédiat. La crise du coronavirus nous parle de tout : du nous, du je, du ils. Les grandes solidarités et les petites lâchetés tissent l’horizon de nos angoisses. Les appels lénifiants au bien commun n’arrivent pas à masquer les intérêts particuliers (et ceux du capital en premier lieu) même s’il semble difficile de les mettre en cause… pour cause d’urgence sanitaire.

Un gouvernement vient d’obtenir la confiance et disposera demain les pouvoirs spéciaux : qu’attend-il pour réquisitionner les respirateurs, les masques et tous les autres produits nécessaires à la sauvegarde des malades ? Il n’en a pas encore eu le temps ? Alors, voyons demain quelle sera réellement la priorité entre les intérêts collectifs et les profits privés. La manière dont le gouvernement a permis jusqu’ici le maintien d’activités productives non essentielles qui mettent en danger la santé des travailleurs est significative.

Dans l’urgence même s’inscrivent déjà les choix de demain. Le cœur sur la main, ceux qui hier ont mené la politique la plus réactionnaire et antisociale depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui vont continuer à gouverner nous disent que « rien ne sera plus comme avant » ou que « sur le plan économique, on va devoir sortir de nos schémas idéologiques classiques » (Charles Michel). La chanson est connue.

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21.03.20

Istacec

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