Coronavirus: dire tristement la vérité triste



 

 


« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste », s’exclamait l’écrivain Charles Péguy lors du lancement de sa revue Les Cahiers de la Quinzaine en janvier 1900. Dire immédiatement la vérité immédiate, pourrions-nous ajouter, car c’est d’elle aussi que dépend, aujourd’hui, l’efficacité du combat contre la pandémie.

 

 


La pandémie de coronavirus a démontré de manière éclatante la nécessité d’une information fiable, indépendante et immédiate. « La politique d’opacité initiale de Pékin a beaucoup contribué à la diffusion de la pandémie », rappelle l’ex-ambassadeur de France, Michel Duclos.

Partout dans le monde, les régimes autoritaires ont été à la hauteur de leur mauvaise réputation. Les mesures de restriction de l’information se sont multipliées sous prétexte d’éviter la « désinformation ». Or, « dans une société globale de plus en plus interconnectée, quand les droits des médias dans les pays étrangers sont limités, ce sont nos droits qui sont mis en péril », prévenait, en 2010, le président de l’Université Columbia, Lee Bollinger.

La transparence est un impératif démocratique et un instrument de la riposte sanitaire. Sans directive claire, sans explication rationnelle, sans l’expression franche des doutes et des incertitudes, un gouvernement s’expose à des réactions d’incrédulité et d’incivilité. L’efficacité de cette communication dépend à son tour des personnes qui en sont chargées et du respect qu’elles inspirent, à l’exemple du docteur américain Anthony Fauci, qui régulièrement corrige Donald Trump. Partout, des Etats-Unis au Royaume uni, de la France à la Belgique, les dirigeants politiques qui ont affaibli les dispositifs médicaux et hospitaliers apparaissent mal placés pour inspirer et diriger la lutte contre la pandémie.

La situation impose aussi des responsabilités particulières au journalisme. Le rôle de la presse n’est pas d’alarmer ni de rassurer, mais d’informer. Il ne s’agit pas seulement de refléter fidèlement les faits observés et de les expliquer, mais aussi « de surveiller de très près ce que font les autorités publiques, les entreprises privées, les acteurs de la santé, pour répondre à cette crise sans précédent », écrivait le 14 mars, le directeur du Washington Post, adepte d’un journalisme qui assume son rôle de « chien de garde » des institutions. Une phrase, un rien subversive mais très prisée par l’un des Pères fondateurs du journalisme américain, Joe Pulitzer, a refait son retour dans les rédactions: « notre rôle est de réconforter les gens affligés et d’affliger les gens confortables ».

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1.04.20

Istacec

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