Crise des migrants: les Vingt-sept haussent le ton face à Ankara




Les Vingt-sept ne cèderont pas au « chantage », pour reprendre le mot utilisé par plusieurs chefs de gouvernement européens. Ils « rejettent fermement l’usage par la Turquie de la pression migratoire à des fins politiques. La situation aux frontières extérieures de l’Union n’est pas acceptable ». Un langage étonnamment ferme pour une Union qui déteste les bras de fer. Mais la crise des migrants de 2015 et la montée des populismes qu’elle a entrainée sont passées par là.


Du moins une majorité de pays, l’Allemagne, la Bulgarie, la Hongrie ou encore l’Espagne n’ayant pas caché leur malaise lors de la réunion préparatoire entre les vingt-sept Représentants permanents (ambassadeurs auprès de l’Union). Il a d’ailleurs fallu plus de cinq heures pour se mettre d’accord sur les termes du communiqué signé par les ministres. « L’argument est toujours le même : il ne faut pas couper la ligne avec Ankara », explique un diplomate européen de haut rang

Pour les Vingt-sept, il faut donc que la Turquie continue à mettre « totalement en oeuvre les dispositions de l’accord » de 2016 conclu avec l’Union à la suite de la crise migratoire de 2015. Celui-ci prévoit, en échange d’une aide de 6 milliards d’euros (versée en deux tranches constituée pour moitié de fonds européens, pour moitié de contributions nationales), qu’Ankara empêche réfugiés et migrants de quitter son sol, mais aussi que l’Union accueille un réfugié statutaire présent en Turquie pour un migrant renvoyé dans ce pays.

Afin de décourager réfugiés et migrants de tenter l’aventure européenne, les États membres martèlent qu’ils « sont déterminés à protéger les frontières extérieures de l’Union. Les passages illégaux ne seront pas tolérés et (qu’ils) prendront les mesures nécessaires tout en respectant leurs engagements européens et internationaux ». Ils « encouragent le gouvernement turc et tous les acteurs et organisations présents sur place à relayer ce message et ainsi à lutter contre la diffusion de fausses informations ». « C’est une guerre hybride que mène la Turquie en annonçant que le passage sur l’Europe est libre et en diffusant des fake news sur le nombre de migrants massés à la frontière », explique un diplomate européen : « nous lui répondons sur le même ton ».

La suite ici : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2020/03/10/crise-des-migrants-les-vingt-sept-haussent-le-ton-face-ankara/

13.03.20

Istacec

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