La crise politique espagnole est-elle soluble dans les élections?



D’autres éléments vont peser dans le vote des Espagnols : le résultat du référendum britannique du 23 juin (il est frappant de voir comment la question occupe de plus en plus les titres de la presse) et la question catalane.


Lundi 13 juin a eu lieu un événement inédit dans l’histoire de la démocratie espagnole : un débat télévisé entre les quatre candidats à la présidence du gouvernement. Certes, en 1993, un premier duel avait opposé le président Felipe González (PSOE) à José María Aznar. Sorti chagrin de l’épreuve, Aznar refusa le débat télévisé lors de la campagne en 1996, tout comme en 2000. Il faudra attendre 2008 pour voir à nouveau débattre les candidats socialiste et populaire (Zapatero et Rajoy en 2008, puis Rubalcaba et Rajoy en 2011). En décembre dernier, Mariano Rajoy avait refusé une proposition de débat à quatre pour n’accepter qu’un débat avec Pedro Sánchez le leader socialiste. Le Parti Populaire (PP) avait utilisé l’argument de la représentation parlementaire. Il est vrai qu’avant le 20 décembre ni Podemos, ni Ciudadanos (C’s) n’avaient de députés!

Les élections du 26 juin ont été rendues nécessaires par le blocage politique et parlementaire né des élections de décembre. Il s’agissait pour Mariano Rajoy (PP), Pedro Sánchez (PSOE), Pablo Iglesias (Podemos) et Albert Rivera (C’s) de justifier la convocation de ces élections, de développer leur programme électoral et d’esquisser de possibles mouvements politiques et parlementaires après le vote des Espagnols. Le tout avec pour horizon une relative stabilité du rapport de forces. Toutes les enquêtes concordent pour prévoir une arrivée en tête du PP autour de 29%, une poussée de Podemos qui, ayant fait alliance avec les communistes de Izquierda Unida (IU), espère atteindre 24 à 25% des voix, un tassement du PSOE entre 21 et 22% et une quatrième place pour C’s (13-15%). Pour mémoire, en décembre 2015, le PP a obtenu 28,7% des voix, le PSOE 22%, Podemos 20,7% et C’s presque 14%. Autrement dit, la seule véritable évolution concerne la gauche radicale de Podemos. Une lecture plus fine nuance cette impression. Podemos concourt en coalition avec IU. Les intentions de vote qui vont à cette coalition représentent exactement la somme du résultat obtenu par les deux forces en décembre (20,7% + 3,7% soit 24,4%). Tout va donc se jouer à la marge.

La suite ici : La crise politique espagnole est-elle soluble dans les élections? – Telos

19 06 16

Istacec

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