Crise sanitaire : « Pour les dictateurs en herbe, il n’est plus très difficile d’abattre toutes les libertés »




Le printemps 2020 a vu apparaître une forme nouvelle de mondialisation : la réduction, partout sur la Terre, de toutes les questions politiques à une seule, qui n’en est pas vraiment une, la question sanitaire. Cependant les Etats se sont emparés de cette question, l’ont intégrée à leur dispositif, pour détruire la politique. Toutes les élucubrations sur la fin de la mondialisation, sur « le monde d’après », font l’impasse sur ce fait majeur : les Etats, à de rares exceptions près, se sont lancés dans le même type de gestion de la crise sanitaire.


Tous ont réduit les libertés fondamentales.Tous ont formé des projets de suivi technologique – le fameux « traçage » – des êtres humains comme s’ils s’agissait d’animaux. Beaucoup ont utilisé les drones à la façon de chiens de berger mécaniques. Tous ont transformé leurs habitants en rats de laboratoire sur qui expérimenter les formes nouvelles de gouvernance. L’espace de quelques mois une sorte d’Etat mondial antipolitique s’est dessiné, où le droit fut universellement bafoué par la loi.

Un basculement se produisit du jour au lendemain : nous vîmes la dépolitisation des peuples, placés en garde-à-vue à leur domicile. Tout d’un coup, nous avions basculé dans un autre monde, ressemblant fort aux Etats policiers, comme si une trappe, sans crier gare, s’était ouverte sous nos pieds. Une caractéristique n’a pas été assez soulignée : assignés à résidence, désintégrés en isolats, les peuples n’avaient plus de rapport à la vie collective qu’à travers la télévision. Autrement dit : ils n’avaient plus d’existence que virtuelle, sur les écrans. La télévision leur communiquait les ordres, les consignes, le prêt-à-croire officiel. Peu de choses dans la société sont aussi dramatiques que le seul-à-seul des personnes ou des familles avec la télévision, au moment où l’on a procédé à l’évanouissement artificiel de toute réalité extérieure. La télévision doublait la garde-à-vue physique, assurée par la police, d’une garde-à-vue mentale.

Que dire d’un temps – le confinement planétaire – qui se signala comme celui de la destruction de toutes les libertés, y compris celle de caricaturer (en France, les auteurs de banderoles ridiculisant Emmanuel Macron, furent systématiquement conduits au poste de police, comme si, au lieu de protéger les Français, les forces de l’ordre étaient en guerre contre eux), de toute parole libre, et de toute opposition ?

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25.05.20

Istacec

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